Cathy JORDAN « All The Way Home »

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Blix Street, 2012

MUSIQUE DU MONDE  IRLANDE

MR4935 (Disponible au Discobus 4)

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Beaucoup de groupes irlandais rivalisent de talent, d’énergie ou de sensibilité. Parmi ceux-ci, le groupe Dervish est très représentatif de la musique irlandaise traditionnelle, un ensemble de cinq musiciens talentueux, engagés, qui connaissent rapidement le succès depuis les années 90 et enthousiasment leur public, en grande partie grâce à leur chanteuse Cathy Jordan. En 2007, ils participent au concours Eurovision de la chanson, où ils se placent, hélas, … en dernière position. Ce qui peut signifier aussi un gage de qualité !

Pour son premier album solo, Cathy a préféré une instrumentation discrète pour mettre en avant sa belle voix, mesurée et feutrée, comme dans le poème In Curraghroe, mis en musique avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse.  Elle chante ses racines et son pays avec une voix qui dispense une confiance tranquille et naturelle, avec peu d’ornements vocaux mais avec justesse et maturité.

À côté des langoureux The Lark In The Clear Air et The Banks of the Foyle, on retiendra le traditionnel The Hold Fenian Men, mélodieux et aérien. Ou Ould Ballymore, une ballade allègre qui raconte l’histoire d’un homme qui pense avoir rencontré la fille de ses rêves mais qui s’avère mariée et mère de six enfants…

Deux instrumentaux permettent la respiration parmi les traditionnels et les compositions, dans un album teinté de quiétude. Excellent pour une soirée hivernale à la maison, près de l’âtre.  DM

(Disponibilité de ce CD)

BONGA « Hora Kota »

Lusafrica, 2011

MUSIQUE DU MONDE ….ANGOLA

MK3659 (Disponible au Discobus 4)

« C’est le blues d’Angola / Mineur et solitaire / Qui nous vient de Luanda / C’est un chant de poussière … »  (Bernard Lavilliers)

Bonga, exilé depuis longtemps, n’en est pas moins attaché à son pays, l’Angola. Dans ce trentième album, il y dénonce la colonisation, les inégalités, la corruption. Mais à presque septante ans, c’est pour lui l’heure des sages (Hora Kota), l’heure de ces vieux qui rappellent aux jeunes la tradition et les principes.

Par exemple, délaisser un peu la télévision et se rapprocher des traditions, se parler ensemble, ne pas vivre comme en Amérique ou en Europe et préserver son identité.

Bonga y croit, il chante tout cela depuis 1972.

Son chant est rauque, mélancolique, déchirant parfois. Et si, jadis, sa voix éraillée était la cause de son renvoi de la chorale, ici, elle porte un blues poignant et fin.

dikanza

La production y est excellente et les arrangements subtils : un accordéon, des percussions et des guitares acoustiques. Et aussi Bonga à la dikanza.

Outre la semba, le style musical cadencé d’Angola (DJ Marados, Kambua,Kapetas, Boto Boto,…), l’album contient quelques perles douces (Zona Bue), voire graves (Lelu, Angola).

Et en bonus, les duos avec Lavilliers et Agnès Jaoui.

Une sensibilité à fleur de voix. Bonga ! DM

(Disponibilité de ce CD)

Mary DILLON : la plus belle voix d'Irlande ! (partie 1)

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

Pourquoi écrire à propos d’une chanteuse qui n’a sorti aucun CD ?

Parce que la voix de Mary Dillon est la plus sublime, la plus belle et la plus émouvante que j’aie jamais entendue.

Évoquant celui de Mary Black, au temps où son timbre était plus clair, ou la beauté de celui de Loreena McKennitt dans la chanson Skellig, plus pur que celui d’Enya mais moins superficiel que celui d’Alison Krauss, son chant se module en harmonie avec la chanson qu’elle interprète, toujours avec le ton juste, la sensibilité, la douceur et la fragilité adéquates.

Mary Dillon est née en 1965 en Irlande du Nord. En 1993, elle commence à chanter avec Deanta, un groupe traditionnel nord-irlandais de qualité. Elle joue de la harpe, de la guitare et des claviers.

Dans la plupart des CD traditionnels irlandais, les instrumentaux (slow airs et danses – reels, jigs, …) côtoient les chansons, souvent de belles ballades en mode mineur, tristes et d’une mélodie touchante (laments). C’est dans ces chansons que Mary donne toute l’étendue de son talent. En trois albums seulement, Deanta devient incontournable dans le paysage sonore irlandais et lui confère le rôle de la meilleure chanteuse sans doute de toute l’Irlande.

En 1997 cependant, le groupe se sépare et Mary travaille comme professeur d’anglais au St. Cecila’s College de Derry, au nord-est de l’Ulster.

Dix ans plus tard, ils se reforment et jouent pour la BBC nord-irlandaise dans l’émission Blas Ceoil, consacrée aux musiques traditionnelles. Elle y chante, entre autres, l’époustouflant « Clothes Of Sand » de Nick Drake.

En 2010, elle sort quatre titres uniquement disponibles en téléchargement : « Army Dreamers » de Kate Bush, « Streets Of Philadelphia » de Springsteen, « Undone In Sorrow » de Ola Belle Reed et une belle ballade irlandaise « Uileacán Dubh Ó ». De quoi nous faire patienter jusqu’à un hypothétique album où elle chanterait, avec ou sans Deanta, des mélopées délicates et expressives.

Mary Dillon a laissé à sa sœur Cara, qui chante relativement bien un folk assez commercial, le succès et la célébrité. Mais c’est elle qui possède le cœur, l’âme et l’émotion; c’est elle qui nous enflamme ! DM

Albums avec Deanta :

1993  Deanta « Deanta » 

MR2930  (au Discobus 4  d’avril à juin 2012).

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1994 Deanta « Ready For The Storm »

MR2931  (au Discobus 4  d’avril à juin 2012).

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1997 Deanta « Whisper Of A Secret »

MR2932  (au Discobus 4  d’avril à juin 2012).

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Album solo :

2010 Mary Dillon « Army Dreamers »

(uniquement en téléchargement).

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Extrait musical : "Dark Iniseoghain" MR2930
(au Discobus 4  d'avril à juin 2012)

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(Cet article a servi de base pour l’élaboration de l’article concernant Mary Dillon sur Wikipedia)

Azam ALI “From Night To The Edge Of Day”

Six Degree Records,  2011

MUSIQUE DU MONDE    IRAN

MX1246  (Disponible au Discobus 4)
C’est tellement rare de tomber sur un album qui plaise autant que celui-ci ! Envoûtant, touchant jusqu’au fond de l’âme, d’une beauté quasi infaillible.
La douceur et la grâce de la voix d’Azam Ali nous transporte au-delà de la réalité, s’insinue dans notre corps entier pour en éveiller les sens, nous conduire à l’extase, à la transe ou au bien-être. Ou à un dieu…
Son chant aurait inspiré les sirènes en des temps plus anciens, arrachant Ulysse à son mat. Et pourtant, ce ne serait, au départ, que des berceuses iraniennes…
Sur une musique évocatrice des déserts iraniens, de la nuit à la pointe du jour, d’un ciel désespérément bleu comme la pochette de l’album, la voix se pose avec tant de majesté, tant d’harmonie et de paix…  Des perles d’un Orient transfiguré jouées au santour (instrument à cordes frappées, comme la cithare), à l’oud, au violon arabe, au sitar et aux percussions. Et parmi ces joyaux « Tenderness », « Noor (The Light In My Eyes) » , « Dandini » et « Neni Dessem » planent au-dessus d’autres titres plus cadencés, d’une essence soufie.
Sans doute le plus beau coup de cœur, le plus bel oasis dans notre hiver musical. DM
(Disponibilité de ce CD)

L.C. ULMER “Blues Come Yonder”

Hill Country Records, 2011

BLUES

KU3610 (Disponible au Discobus 4)

Lee Chester Ulmer, natif du Mississippi, est un vieux bluesman authentique, comme il en reste très peu (ils sont presque tous morts).

Il passe son enfance dans les champs de coton, puis, tout au long de sa vie, touche à quantité de boulots manuels, alors qu’il bourlingue à travers les États-Unis, jusqu’en Alaska, et il enregistre enfin ses compositions, ainsi que quelques reprises, à l’âge de 83 ans, et c’est l’âpreté de sa vie qu’il donne à entendre de sa voix rugueuse et chaude, avec son accent à couper au couteau.

S’il joue quantité d’instruments, c’est sa guitare qui accroche l’oreille, surtout lorsque qu’il fait glisser son steel-finger sur les cordes.

Blues Come Yonder a été enregistré en 2011, et, n’était la qualité de la production, il aurait pu l’être en 1935 : le blues de L.C. Ulmer est intemporel, ancré profondément dans la tradition du Mississippi, et, pour un peu, on entendrait le battement des roues à aubes.

L.C. commente ses chansons avant d’égrener ses accords de guitare, simples, rudes et touchants, à l’image de sa vie, au croisement d’Elmore James et de John Lee Hooker. Que demander de plus pour passer un bon moment ? ML

(Disponibilité de ce CD)

Si vous avez aimé « Bretonne » de Nolwenn Leroy, alors vous aimerez sans doute « Légendes Bretonnes »

Si vous avez aimé « Bretonne » de Nolwenn Leroy, (et même si vous ne l’avez pas aimé …) alors vous aimerez sans doute « Légendes Bretonnes »

NL3426   (Disponible au Discobus 4)

Après avoir remporté la Star Academy il y a quelques années, Nolwenn Leroy s’est fait une belle place dans la variété française populaire. Si certains la considèrent toujours comme une chanteuse guimauve, préfabriquée par les médias, tout le monde reconnaît toutefois que son dernier CD est surprenant dans sa carrière.

Cette Bretonne du Finistère tient à ses attaches et a osé remettre au goût du jour un répertoire breton de qualité qui devenait parfois poussiéreux. Bien sûr, elle s’est contenté des ‘Tubes’ de la musique bretonne ou celtique, son audace n’était donc pas vraiment vouée à un suicide commercial (il faut que les maisons de disques gagnent leur vie tout de même!).

Sa voix chaude et la production de John Kelly (McCartney, Kate Bush) donnent une couleur pop et bien léchée aux airs traditionnels.

Mais l’ensemble est tout de même un peu superficiel : il y manque l’âme, l’inspiration et le souffle qui imprégnaient les chansons des interprètes originaux. C’est particulièrement évident à l’écoute de « Ma Bretagne quand elle pleut » : Caradec y dépeignait une Bretagne dans son quotidien, ses souvenirs toujours beaux mais empreints de mélancolie et de regrets. Les accords mineurs à la guitare assombrissaient l’ensemble. La version de Nolwenn Leroy est juste correcte, plus ensoleillée… plus fade aussi.

Pour ceux qui n’y connaissent rien en chanson bretonne, « Bretonne » a l’avantage de les y introduire en douceur.

Mais après cette écoute, je vous invite vraiment à découvrir les originaux :

« Légendes Bretonnes »

MP0473  (Disponible au discobus 4)

Un double CD récemment arrivé au discobus 4 reprend la majorité des chansons reprises sur ‘Bretonne‘ en y ajoutant d’autres airs traditionnels connus ou moins connus.

On retrouve « Tri Martelod » par Alan Stivell et sa harpe, « La jument de Michao » par Tri Yann (« J’entends le loup, le renard et la belette… »), « Brest » de Miossec, « La tribu de Dana » de Manau, « La blanche hermine » de Gilles Servat, « Lambé an dro » de Matmatah,…

Et puis, moins connus mais magnifiques : « Karantez – Vro » de Gwalarn, « Le soleil est noir » et « Princes qu’en mains tenez » de Tri Yann, « Le train de nuit » de Merzhin …

Et des grands noms de la chanson bretonne comme Glenmor, An Triskell, Serge Kerval.

S’il n’y manquait Jean-Michel Caradec, Gildas Arzel, Théodore Botrel, Dan Ar Bras et les sœurs Goadec, ce serait parfait.

Jean-Michel CARADEC « Ma Bretagne quand elle pleut »

NC0694 (Disponible sur commande)

Jean-Michel Caradec avait tout pour lui : il jouait de la guitare, était beau, chantait bien. Ses chansons était joyeuses, sensibles, délicates, mélodieuses, espiègles, graves parfois. Ses cinq derniers albums sont tous à écouter. Surtout « Portsall ».

« Ma Bretagne quand elle pleut », sorti en 1977, est un album à la fois entrainant (« Dans ma Peau », « J’aime les petites filles ») et nostalgique (« Ma Bretagne quand elle pleut », « Celui qui volera sa poupée »). Avec une perle : « Si je te quitte un jour ».

Quand on écoute çà, Nolwenn Leroy est bien loin…  DM