David FOENKINOS « La Délicatesse »

Images & Visions,2011 France

CINEMA COMÉDIE ROMANTIQUE

VD7605 (Disponible au Discobus 4)

avec Audrey TAUTOU, François DAMIENS, Christophe MALAVOY

Peut-on retrouver le bonheur et l’amour après la mort d’un conjoint avec qui tout était parfait ?

La vie de Nathalie bascule quand elle perd son mari. Elle perd le goût de la vie et de l’amour.

Elle se consacre alors davantage à son travail et arrive à se hisser à un poste plus élevé, sans doute grâce à son patron, un harceleur dont elle repousse régulièrement les avances.

Un jour, sur une soudaine impulsion, elle se lève de son bureau et va embrasser fougueusement Markus, un obscur subalterne qui venait lui demander un renseignement. Un baiser qui bouleverse et effraie ce célibataire timide au physique un peu lourd, flanqué d’un grand corps sans style aux pulls affreux et à la figure assez insignifiante et sans charme.

Une relation amoureuse va pourtant naître, doucement, lentement, malgré les interrogations ou la réprobation des collègues et des amis. Markus se révèle plein d’humour, de gentillesse et de… délicatesse.

Audrey Tautou y est brillante, pleine de vie et de fraicheur, jouant un rôle presque taillé sur mesure. Son joli visage, toujours angélique, exprime à la fois la fragilité et la détermination; un atout qu’elle utilise habilement pour interpréter avec justesse les deux parties du film.

François Damiens abandonne ici le comique un peu vulgaire de ses caméras cachées et les rôles quand même plus nuancés de ses précédentes comédies. Un François Damiens à contre-emploi révélant sa face tendre, douce et touchante. Peu bavard, un peu gauche, il joue la gentillesse

Romancier à succès, David Foenkinos a sorti son livre, qui est devenu rapidement un best-seller alors que le film était en tournage. La première partie réunit des personnages en symbiose, beaux, jeunes, amoureux, parfaits. Dans la deuxième partie, le scénario exploite davantage l’opposition : la belle et le laid, la pétillante et le discret, la fine et le grand fort… Comme tout premier film, celui de Foenkinos est un peu maladroit mais touchant de simplicité et de finesse. Avec une bande-son soignée, signée Emilie Simon.

Un plaisir de revoir Audrey quand François l’embrouille.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Concert de "SKAIDI", ce mercredi 17 août 2011

MUSIQUE DU MONDE  …………  NORVEGE

Festival d’Art de Huy, mercredi 17 Août 2011, 20 H 00

Un duo, un simple duo, et pourtant ce duo remplit toute la cour du Couvent des Frères Mineurs de Huy. Sur les notes de la contrebasse de Steinar Raknes, le chant joïk d’Inga Juuso s’élève, majestueux, venu du grand nord de la Norvège, là où les Saami chantent pour parler à la nature, dans cette terre où leur identité même passe par ce chant si contrasté.

Inga est petite dans une robe traditionnelle bleu-vert, son regard est inspiré, profond et mystérieux. Steinar est grand, sa contrebasse semble petite. Il semble hâlé par un soleil de six mois. Mais leur complicité se sent à chaque instant, respectueuse aussi.

Les morceaux présentés à cette soirée magnifique passent du chant traditionnel à un jazz excité, où l’improvisation à la part belle. Ils alternent joïk et ballades douces et tendres que Steinar Raknes interprète en anglais sur sa contrebasse.

Tous les moments de ce concert sont des moments forts, émouvants, vibrant. Le chant de gorge d’Inga Juuso étonne, fait sourire, puis impressionne. Les improvisations de Steinar sont à couper le souffle quand il se lâche.

Un très grand concert pour ouvrir un festival qui l’est encore davantage ! DM

Lykke LI "Wounded Rhymes"

Atlantic Records, 2011

POP  FOLK

 XL485D  (Disponible au Discobus 4)

Suédoise d’origine, d’une terre puissante et mêlée de psychisme profond, Lykke Li offre un deuxième album à l’image de ses racines. Songwriter signant des bandes son pub ou film (Twilight).

Sans hésiter, elle mélange l’électro à ses compositions folk, créant des atmosphères noires, sauvages, ajoutant de sa voix de petite fille une musique caractérielle et forte, entourée de mystères et de noirceurs. De parents artistes et nomades, les différents périples de son enfance marquent ses créations et sa recherche de racines, une recherche de mix et d’orchestration, on sent des influences de Björk, une imprégnation de percu omniprésentes, très tribales, un rappel permanent de cette force du rythme utilisée de par le monde.

D’une grande solitude volontaire, la nouvelle chamane scandinave nous propose une aventure dans son aventure musicale, une nécessité d’exprimer ses déchirements par sa musique. A écouter et à partager. YO

(Disponibilité de ce CD)

Anders HAGBERG " Earth Songs "

Xource Records, 1998

MUSIQUE DU MONDE – Suède

MU7007 (Disponible sur commande)

Issu du jazz, le saxophoniste suédois Anders Hagberg a joué dans des formations alliant les sonorités indoues, japonaises et suédoises à celles d’un jazz proche des musiciens du label ECM.

Ici, dans ‘Earth Songs’, se mêlent à la fois la tradition issue de la culture Saami (Laponie), les découvertes archéologiques (les six morceaux de l’album qui forment une suite) et une ambiance qui évoque directement le saxophoniste Jan Garbarek.

Dès le premier morceau, j’ai été envoûté par le souffle de cette terre sauvage du Grand Nord et par le chant joik d’Inga Juuso.

Mais passé ce plongeon dans les glaces, voici déjà qu’apparaissent les claviers sur un rythme discret ponctué par quelques beaux solos de flûte.

Le troisième titre, Earthsong, plus proche du jazz, semble se chercher jusqu’à la deuxième minute. Puis se dessine une mélodie douce au saxophone soprano, toujours ponctué par la voix d’Inga Juuso.

Le thème chanté a capella par ’Ibgrid Brännström est repris ensuite dans une marche douce et harmonieuse (‘Procession’).

Quant à la danse qui suit, elle débute sur une ritournelle qui nous invite à tourner et virevolter. Elle commence à la flûte et, malgré quelques variations, elle reste le leitmotiv de ce sixième morceau.

Sans vouloir vous spolier de la découverte de ce superbe album, je voudrais néanmoins épingler le majestueux hymne (qui clôt la Suite ‘Vingslag’) et ‘Dànses Lille Sàrà’, fascinant chant traditionnel lapon.

Une œuvre envoûtante, attachante qui vous donnera envie d’écouter l’autre disque d’Hagberg à la médiathèque ou de découvrir les CD analogues.  DM

HAGBERG  Anders …….« HERD (THE) »……………. MU7008
MYNTA …………………..« NANDU’S DANCE »……….UM9921

Pierre DORGE & NEW JUNGLE ORCHESTRA « DANCING CHEEK TO CHEEK » UD7620
JUUSO, Inga …………….« RAUDDAS RAUDDI »……MO9310

Lukas MOODYSSON : "MAMMOTH"

A FILM, 2009
Suède, Danemark, Allemagne.
VO  st.FR. Durée :125′

CINEMA Drame

VM2308 (disponible au Discobus 4)

Lukas MoodyssonVoici un très beau film qui, sans doute, ne vous laissera pas insensible.

D’abord, le cadre est posé : une famille américaine, aisée. Leo, le mari est créateur d’un site de jeux et Ellen, sa femme est chirurgienne urgentiste. À la maison, une délicieuse petite Jackie et Gloria, sa nounou philippine occupent leur temps par des visites, des histoires, des lectures.

Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et puis, non, en fait, rien ne va ! Chaque personnage du film va subir une épreuve qui va le fragiliser, le détruire, le re-construire…

Au fur et à mesure du film, les protagonistes sont confrontés à eux-mêmes. En Thaïlande, Leo découvre  son côté sombre auprès d’une prostituée. À l’hôpital, Ellen prend à cœur la guérison d’un jeune garçon blessé par sa mère, tandis qu’à la maison, Jackie, sa propre fille, s’éloigne d’elle au profit de Gloria.

Gloria, elle, joue la parfaite gouvernante pour faire vivre ses deux garçons restés aux Philippines. Mais ils lui manquent tellement. Et tout bascule quand elle apprend qu’un de ses fils est blessé…

Chacun est confronté à une situation qui ne le laissera plus jamais entier.

Les acteurs jouent avec conviction et talent une histoire sensible et subtile où les clichés représentant le couple soudé, aisé et actif  éclatent en mille petites images de vie.

J’ai aimé ces personnages attachants qui s’évertuent à survivre : Gloria, la domestique, tiraillée entre le pays où elle travaille et ses racines ; la jeune prostituée thaï qui espère un amour durable avec un Américain ; Ellen qui se tue au boulot et tente de sauver ses patients ; le fils aîné de Gloria qui veut ramener sa mère à la maison ; Leo qui s’ennuie dans un monde loin du sien…

…..Enfin, le réalisateur a eu le goût et l’intelligence de garder la langue d’origine des personnages : les Américains parlent anglais, les Philippins en tagalog et les Thaïlandais en thaï. Le film est donc sous-titré..

Courrez emprunter ce film qui vous laissera plein d’images. Plein de questions aussi. DM

Lire aussi la critique de Victoria Cora

(Disponibilité de ce DVD)