LOS VAN VAN « La Maquinaria »

Egrem, 2011

MUSIQUE DU MONDE CUBA

ME5216 (Disponible au Discobus 4)

los_van_van_la_maquinaria discobus4Los Van Van, groupe phare depuis 1969, est de retour avec un album qui nous rapporte la chaleur et la danse. Avec La Maquinaria, le ‘vieux’ Juan Formell et son groupe restent dans le registre qui a fait les belles années de la musique cubaine : le ‘son’, le style musical par excellence de Cuba, et le ‘songo’, que le percussionniste de Los Van Van a lui-même développé dans les années 70. Congas et percussions dans des rythmes syncopés, caisse à contretemps, cuivres par saccade, jeu caractéristique de basse et de piano portent le chant vigoureux et le chœur qui lui répond.

Les danseurs seront ravis par les reprises remises au gout du jour et assez cadencées. Le tempo de Recibeme invite au déhanchement sensuel et se prolonge au milieu des cuivres pour s’achever graduellement. Final nous transporte dans une ambiance complètement festive, excitée et tourbillonnante.

Plusieurs chanteurs se relaient dans cette grande formation. La surprise vient éventuellement de Yenisel Valdès, la voix féminine. Elle se fond dans l’ambiance de balancement et place sa jolie voix, avec maitrise et aisance, surtout dans Que tiene ese guajiro que.

Grosse machinerie (La Maquinaria) pour ce nouvel opus qui opère un retour aux sources et se veut un condensé de la carrière de Los Van Van. DM

(Disponibilité de ce CD)

Neil YOUNG «Cow Palace 1986 »

Leftfield Media, 2011

ROCK ….SONGWRITER

XY579T (Disponible Au Discobus 4)

Le Palace tient une place particulière. Neil Young y a enregistré une majorité des pistes pour Rust Never Sleeps en 1978, avec le film d’accompagnement du même nom réalisé par lui-même.

On tient ici un sublime album live, du grand Neil au sommet de son art accompagné du non-moins fantastique Crazy Horse.

Le son est d’une qualité exceptionnelle. La set list est démentielle. L’enregistrement de Klos FM est surprenant pour l’époque. Un magicien de la console de mixage devait être présent ce soir-là.

L’interprétation de Heart Of Gold et de After the Gold Rush fait partie de l’histoire du folk rock avec un grand H. On se permet de rêver aux grandes heures de ces concerts longs de trois heures, d’une justesse inégalable, un investissement à corps et à cri dans l’expressivité musicale de l’artiste. Cortez the Killer, le noise psyché incomparable de Young clôture le premier CD.

Dans le second, le plaisir est aussi total. The Needle and The Damage continue la démonstration de perfection totale.. Like a Hurricane, lui, offre la possibilité d’exploiter toute la dextérité du solo sur une plage de 11’28 « .

Bien sur, la musique date de 1986. Bien sur, c’est ancien. Mais c’est si abouti, si présent et si agréable à consommer. YO

(Disponibilité de ce CD)

.Claude DEBUSSY « Oeuvres pour orchestre »

Chandos, 2012

ED3177 (Disponible au Discobus 4)

Royal Scottish Orchestra …..  Direction : Stéphane Denève

Dès les premières mesures de Gigues (Images pour orchestre), j’ai été captivé par cette version des œuvres pour orchestre de Debussy. Stéphane Denève dit éprouver une réelle passion pour cette musique et cela s’entend. Je n’ai pu m’empêcher d’écouter d’une traite les deux CD de cet album fascinant. Le célèbre orchestre écossais y brille de tout ses feux et mérite le compliment d’un critique du London Times « …le meilleur orchestre français au nord de Calais »!

Un peu comme un bouquin qu’on n’ arrive pas à quitter, la musique de Debussy jouée de cette manière a le pouvoir de soutenir l’attention, le désir irraisonné d’aller toujours plus loin dans la découverte de son univers sonore. Qu’il s’agisse d’œuvres maîtresses comme La mer ou moins connues comme Printemps (œuvre de jeunesse), la séduction, la fascination opèrent sous la baguette (magique?) du chef français.

-On est loin pourtant d’un Debussy impressionniste aux lignes floues, fondues. « Je pense – c’est Stéphane Denève qui parle -, que chez Debussy, tout s’entend, que tout est langage, et qu’il faut privilégier la transparence, la fraîcheur des timbres (les bois sont souvent prédominants), la vitalité et la précision rythmique ». Et encore : « Je crois en un Debussy théâtral, sensuel, visuel, chantant, allant, où toutes les lignes s’entendent, où rien n’est noyé, sinon dans des pianissimi évocateurs et fertiles… ». Une profession de foi pleinement rencontrée dans cette magnifique réalisation à laquelle le Diapason d’Or a d’ailleurs été attribué par le célèbre magazine. Un très bel hommage aussi à ce compositeur génial né en 1862, fêté dignement pour le 150ème anniversaire de sa naissance.

Stéphane Denève, né à Tourcoing en 1971, est actuellement reconnu internationalement comme un des meilleurs chefs d’orchestre de sa génération. Je vous recommande aussi l’écoute des autres enregistrements de ce chef talentueux, présents à la Médiathèque, notamment un album avec des œuvres de César Franck (DF7536), deux albums consacrés à Roussel (ER8472 et ER8484) et un autre à un jeune compositeur français, Guillaume Connesson (FC6820), déjà commenté sur ce blog (voir l’article).

L’Orchestre de Liège l’a accueilli en 2003 pour enregistrer des concertos de Poulenc avec Franck Braley et Eric Lesage (EP7410)

Bon, et si on réunissait quelques interprètes fameux de la musique de Debussy avant que l’année 2012 ne s’achève ?… Ok, je m’en occupe; c’est pour bientôt, au discobus 4.    Pierrequiroule

(Disponibilité de ce CD)

Richard WAGNER « Tristan Und Isolde »

EMI, 1952 et DGG, 1982

CLASSIQUE….. ROMANTIQUE

ENREGISTREMENTS LEGENDAIRES

DW2107 (Disponible sur demande) (Wilhelm Furtwängler)

DW2112 (Disponible au Discobus 4) (Carlos Kleiber)

Dans un article précédent(lire cet article), j’évoquais le pianiste italien Michelangeli et son mémorable enregistrement des ballades de Brahms à propos d’une réédition chez DGG. Un CD magnifique qui reprenait également une sonate de Schubert et une sonate de Beethoven.

Je voudrais évoquer cette fois une autre réalisation exceptionnelle, profitant de sa présence actuelle au discobus dans le cadre de l’hommage à Dietrich Fischer-Dieskau. Il s’agit d’un enregistrement réalisé en 1952 de l’opéra de Richard Wagner: Tristan et Isolde d’après une légende d’origine celtique. Fischer-Dieskau n’en est pas la vedette principale : il incarne le personnage de Kurwenal, l’écuyer de Tristan.

Wilhelm Furtwängler, considéré comme un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle, est à la tête de l’orchestre Philharmonia et les deux personnages principaux sont interprètés par Ludwig Suthaus et Kirsten Flagstad, inoubliables chanteurs wagnériens de l’époque.

La musique de Richard Wagner absolument bouleversante, est un sommet de l’histoire de l’opéra et et cette version restera une référence dans l’histoire du disque.

Alors n’hésitez pas à emprunter ce chef-d’œuvre absolu. Vous pourrez même vous procurer aussi une autre version plus récente dirigée en studio, par un autre chef exceptionnel : Carlos Kleiber qui magnifie surtout un orchestre somptueux avec en prime, une prise de son (en studio) splendide. Ce n’est plus l’époque des grandes voix wagnériennes mais c’est tout de même très beau. Et, surprise, nous retrouvons Fischer-Dieskau qui, trente ans plus tard chante à nouveau le rôle de Kurwenal.

Je reviendrai prochainement sur la personnalité de Carlos Kleiber.

Bonne écoute !. PD

(Disponibilité de ces CD : par Furtwängler   par Kleiber

Amina ALAOUI « Arco Iris »

ECM Record, 2011

MUSIQUE DU MONDE MAROC

MJ8439 (Disponible au Discobus 4)

Il fut un temps où musulmans, chrétiens et juifs partageaient le même territoire, appelé Al-Andalus. Pendant quelques siècles, un véritable âge d’or permit le développement des sciences, des techniques, de la poésie, de la linguistique,… et de la musique arabo-andalouse.

Amina Alaoui en a prélevé l’émotion, la sensibilité et la poésie pour tendre vers un nouvel âge d’or, orienté autour du détroit de Gibraltar, sans autre frontière que l’amour de la musique et l’harmonie.

Mélange d’Orient et d’Occident, de musique médiévale, d’improvisations vocales et de cadences, Arco Iris rassemble douze titres évoquant les traditions différentes d’Andalousie, du Portugal, du Maroc, … comme les couleurs d’un arc-en-ciel.

Fado Menor distille une douce mélancolie sur des notes légères alors qu’Arco Iris, plus dansant, rappelle la saudade.

La voix suave d’Amina Alaoui a une capacité de se suspendre en vol à travers le son du violon, de l’oud, de la guitare ou de la mandoline. Chaque note est claire, chaque son distille un parfum qu’on ne perçoit que lors d’une écoute active (au calme ou au casque).

Jouissant d’une excellente production, ce bijou du label ECM possède un livret complet avec une « prose pour un arc-en-ciel » d’Amina Aloui, savante et poétique.

Et quand le disque des couleurs de l’arc-en-ciel tourne, c’est le soleil qui nous revient. DM

(Disponibilité de ce CD)

A propos d' 'ARCHIPEL'

CLASSIQUE – JAZZ – ROCK – DOCUMENTAIRES – …

Depuis quelques années, la Médiathèque cherche à redéfinir son rôle culturel dans un contexte médiatique qui évolue rapidement. Alors que l’activité principale et traditionnelle de prêt a diminué considérablement au cours de la décennie, la Médiathèque développe un projet de médiation qui passe par de nouveaux canaux de communication: site internet, animations à l’intérieur et à l’extérieur des médiathèques, évènements organisés en soirée dans les services de prêt…

Une partie importante de ces nouvelles activités visent à faire découvrir la diversité culturelle présente dans nos immenses collections en cherchant à faire connaître des musiques, des films, des médias peu présents sur les grandes artères médiatiques très fréquentées.

C’est dans ce contexte que le projet « Archipel » prend tout son sens et propose une manière originale et ludique de découverte.

Archipel à Beaubourg (Paris)

L’idée de départ est qu’il existe dans nos collections un certain nombre de médias, de musiques notamment , de films aussi, qu’il est difficile d’introduire dans nos classements traditionnels parce qu’ils se trouvent au carrefour de styles différents ou constituent des moyens d’expression particuliers.

Par conséquent, il fallait inventer un moyen d’ accéder autrement à toutes ces formes d’expression un peu perdues dans nos classements trop rigides.

Je ne vais pas ici expliquer en détails le dispositif et toutes ses composantes ; le plus simple et le plus intéressant, c’est d’aller s’y promener. Car il s’agit bien de cela, d’une promenade au cours de laquelle on est souvent surpris, intrigué, étonné, où l’on peut parfois se perdre et puis retrouver un repère, une information qui permet de se remettre en route. C’est assez passionnant de constater combien l’imagination humaine est infiniment variée et combien les moyens d’expression peuvent prendre des chemins tout-à-fait surprenants et originaux.

N’hésitez donc pas à aller faire un tour sur ce site unique en son genre avec son graphisme séduisant. Cliquez sur ces triangles étranges et fuyants, voyagez d’îlot en îlot. Vous entendrez des sons, des musiques qui vous parlent du monde, sans doute aussi d’autres mondes que vous n’imaginiez pas. Vous découvrirez aussi à travers les textes tous ces créateurs souvent étranges qui suivent leur propre voie sans se préoccuper du succès de leur œuvres, animés seulement par leur désir d’exprimer leur « vérité ».

Alors, bon voyage dans cet archipel , espace de liberté d’expression éloigné des sentiers battus et des formules toutes faites. Vous y ferez plus d’une escale et y reviendrez pour de nouvelles découvertes. Archipel est maintenant en ligne sur le site de la médiathèque et un écran permettant d’y accéder est installé dans le discobus. PD

‘Archipel’ en ligne