MARILLION « Less Is More »

Intact Records, 2009

ROCK ACOUSTIQUE ROCK PROGRESSIF

XM177U (Disponible au Discobus 4)

Véritable fer de lance du rock néo-progressif britannique, le groupe écrit ses premières pages entièrement basées sur l’univers Tolkien dont ils empruntent leur premier nom (Silmarillion), premier roman de Fantasy peuplé de Hobbits, de Nains et d’Elfes, alliés dans la croisade de la Terre du Milieu livrée aux hordes d’Orques et à Uruk-hai, le bien contre le mal.

Fish, chanteur et meneur de scène, remplacé ensuite par Steve Hogarth, raccourcit le nom en Marillion, et agrandit le monde connu du rock avec l’aide de Pendragon. Il retranscrit le progressif sur de nouvelles pages. La vie du groupe se divise en trois parties. La première culmine en 1987 avec le très réussi Clutching At Straws, qui se solde par le départ de Fish.

Dès 1989, la seconde période explore une pop-rock, parfois plus sombre (Brave, en 1994).

La troisième est riche musicalement avec le concept de Marbles, en 2004, une liberté totale prise avec, comme seul support, Internet, en écartant médias et productions.

On entre de plain-pied dans l’univers de découvertes de Less Is More. Oui, Steve Hogarth déploie sa vocalise à merveille, fusionnant avec son piano. Dix reprises et un « caché », et pourtant.

Le travail d’analyse, de déconstruction et de reconstruction, synthétisé dans une nouvelle thèse d’orchestration, réconcilie Marillion avec ses premiers auditeurs. Intimiste, profond, l’album se révèle un condensé de l’art de l’émotion en grandes lettres. Jazzy, soul, folk, les descriptifs perdent leur cohérence dans la définition de l’ouvrage. « Le truc facile à réaliser, les textes étant déjà écrits », se diront les opposants aux CD « reprises ». Non, chaque plage est façonnée, transposée un ton au-dessus ou au-dessous, le rythme modifié.

Un nouvel essai réussi. Le chemin est marqué de pierres blanches. Go !, par le solo de guitare de Steve Rothery, est magique. Lulu est au top en 7’32’’. Out Of This World, pareil à l’original, Wrapped Up In Time entre dans l’art du sublime avec une dérogation pour la guitare électrique et une voix d’une présence exceptionnelle.

Hard As A Love, quasi Beatles, ou le morceau inédit It’s Not Your Fault, où Steve joue du piano et chante, est fabuleux. Le duo voix/guitares est superbe, une fois de plus le travail de Steve H, seul sur les guitares, démontre une maîtrise totale de son inspiration. Elle devient géniale sur This Is The 21st Century. YO

(Disponibilité de ce CD)

K'S CHOICE « Little Echoes »

Rough Trade, 2011

ROCK

XK924J  (Disponible au Discobus 4)

Sarah et Geert Bettens unissent leurs voix sur des reprises de Damien Rice, Pointer Sisters, Split Enz, et balancent dans un duo acoustique des petites douceurs sucrées et mielleuses à souhait.
« No Surprises » de Radiohead participe à cette capacité des protagonistes d’offrir une nouvelle acoustique de ce tube intemporel, « I’m So Excited » complète l’imagination interprétative des frère et sœur gantois.
Délaissant un peu leur côté rock énervé, le couple emprunte des chemins musicaux hors référence de leur savoir faire, ose le risque calculé, et, fort de leur expérience commune, joue des compositions savamment arrangées. Sans déclaration tempétueuse, le dernier arrivage du groupe bouscule un peu les habitués, et a le mérite d’exister.
De leurs dernières interviews, on pressentait un virage dans la forme et l’écriture, on devinait une empreinte plus marquée de Sarah et Geert, leur parcours leur offrant les possibilités d’une nouvelle ouverture artistique et un plus grand détachement de la course à la tête d’affiche.
Sans décrocher les hauts sommets, cette nouvelle production belge participe à la diversité musicale du paysage. YO
(Disponibilité de ce CD)

Sarah JAROSZ « Follow Me Down »

Sugar Hill, 2011

MUSIQUE DU MONDE ETATS-UNIS BLUEGRASS

MB6383 (Disponible au Discobus 4)

La valeur n’attend pas le nombre des années. En effet, Sarah Jarosz a commencé la mandoline à dix ans, jouait déjà sur scène à quatorze ans et tapait le boeuf avec des musiciens comme Ricky Skaggs.

À maintenant vingt ans, cette Texane écrit et compose des ballades douces, dans un bluegrass très mélodieux et acoustique, avec les incontournables intruments appropriés à ce style musical : guitare, banjo, violon, mandoline, dobro, basse et batterie.

« Follow Me Down » est son deuxième album et se veut plus proche de ses racines musicales que le précédent.

« Run Away » est assurément le morceau phare de ce CD. Une ballade douce et romantique, une chanson pour adolescent en mal de Twilight : « J’ai enterré mon coeur dans un saule, tu es venu et tu me l’as rendu ». Un hit, qu’Alison Krauss n’a pas hésité à reprendre en duo avec elle, ultérieurement (voir clip). D’ailleurs, son bassiste est le frère d’Alison et les deux chanteuses ont le même producteur.

« My Muse » est un excellent chant d’amour, mélodieux, qui invite à la quiétude et au rêve.

« Ring Them Bells » est une reprise délicate de Bob Dylan et « The Tourist » est un bon remaniement bluegrass de Radiohead.

Les autres titres se déclinent entre ballades calmes et morceaux un peu plus énergiques, ainsi que deux instrumentaux « Old Smitty », enjoué et plein de fraîcheur, et « Peace » qui clôt l’album en douceur.

Un album de valeur, pas toujours très original, mais plaisant. DM

(Disponibilité de ce CD)

Patti SMITH « Outside Society »

Sony Music, 2011

ROCK PUNK

XS523S (Disponible au Discobus 4)

Comment présenter une égérie du punk, artiste confirmée, androgyne du Rock, un visage impassible, une froideur, une âme révoltée et impénétrable. Une leçon de musique et de mots exprimée dès son premier examen. Gratifiée du National Book Award pour son œuvre Just Kids, déclamant ses années auprès de sa moitié, tant artistique que sentimentale, Robert Mapplethorpe, photographe.

Éclaboussant tous les grands par cette voix unique, vibrante, profonde, incontournable, elle débute en 1975 avec un album éclatant Horses, bousculant le petit monde punk avec sa reprise de Gloria, unique. D’une expression sans commune mesure, l’album Radio Ethiopia apporte Pissing in a River, enfardé d’un solo dantesque, un bijou de ballade, et Dancing Barefoot, indescriptible, d’une perfection rarement égalée.

1978 délivre un Because The Night, semant une vague sombre dans tout adolescent ou adolescente qui se demande ce que 68 est devenu. Pour une super baffe, la même année Rock n Roll Niger pulvérisechaque standard, et est d’une virulence punk rarement atteinte avec une telle ferveur. Son nouvel opus de 1979, Wave, ouvre une nouvelle ère, plus pop-rock sur le refrain Frederick, sans renier le passé. Dream of Life de 1988, People Have The Power met en scène une Patti plus rock : eh oui, U2, elle sait faire aussi. Gone Again persiste et signe une nouvelle adaptation dans l’air du temps, encore et toujours cette petite touche d’être présente et autrement avec Summer Cannibals.

2000, l’année du bug, elle passe sans encombre le nouveau millénaire avec un post punk, Glitter In Their Eyes, s’ensuit la reprise de Smells Like Teen Spirit de l’album Twelve de 2007.

Un condensé de 40 ans de parcours hors du commun. YO

(Disponibilité de ce CD)

SEPULTURA « Kairos »

Nuclear Blast

ROCK TRASH METAL

XS220L (Disponible au Discobus 4)

Leaders de la scène trash, ces brésiliens confirment leur audace, leur volonté de perdurer malgré le départ de Cavalera. Derrick, leader vocal hurlant, endossé par Paulo Jr. , seul membre fondateur restant, remporte haut la main ce nouveau marathon de production mis en page par le producteur Roy Z (Judas Priest).

Dés le coup de feu de départ, le ton est donné, riffs sombres et puissants, une rencontre « Structure Violence » avec les Tambours du Bronx, du lourd, du fort, on trouve ce que l’on recherche.

Toute la difficulté de la course de fond étant de trouver un bon rythme, l’affaire est dans le sac, faisant oublier les anciens participants et ouvrant une nouvelle ère Sepultura. Deux reprises de doux copains de classe, « Just one Fix » de Ministry, « Firestarter » de Prodigy font partie du ravitaillement, pour en arriver à la ligne d’arrivée sans regretter le tracé du parcours. YO

(Disponibilité de ce CD)

Ray DAVIES "See My Friends"

Universal, 2010

ROCK

XD140D (Disponible au Discobus 4)

L’album de reprises des Kinks, avec invités à l’interprétation parfois réussie mais souvent hors propos. Better Things ouvre l’album avec le brio du Boss (Springsteen), suit Celluloid Heroes à la sauce Jovi, oui mais non.

You Really Got Me sauce Metallica, n’est pas Van Halen loin s’en faut, Lola trop soul, Waterloo Sunset relève la tête, Till the End Of The Day reste dans l’esprit, Tired Of Waiting You est très agréable, le grand Corgan met le feu All Day And All Of The Night, Victoria bascule dans le plus pur country. YO

(Disponibilité de ce CD)