AC/DC «Live At River Plate»

Sony Music, 2012

ROCK HARD ROCK

XA083F (Disponible au Bus de PointCulture)

acdc_live_at_river_plate bus_pointcultureAmis du soir et du comptoir, bonsoir.

Le plus grand groupe de la troisième mi-temps des fans de football vous salue.

L’écolier le plus célèbre de la scène hard-rock et ses amis ont réussi l’exploit d’exploiter le live sorti sur DVD en 2011 et maintenant sur CD.

L’énorme machine de communication et de marketing made in Australia frappe aux portes des indécrottables adorateurs de « duckwalk » et de sa superbe casquette.

Sans les images, on écoute un album digne d’un bon coverband du groupe avec bien sûr 64 218 Argentins venus voir ces bientôt trois fois vingt balais et leur show démentiel réglé comme du papier à musique (quoique).

Cerise sur le gâteau, 782 individus non-identifiés sont regroupés pour l’occasion sous diverses nationalités pour assister au déhanchement d’Angus, et autres prouesses de l’artiste. L’ensemble, au cri de guerre « Angus, Angus, Angus », se déchaîne sur les rythmes soutenus à coups de Gibson SG et de ses 2000 watts d’amplis chauffés au rouge.

Le groupe semble fatigué, les solos moins précis, le tempo se perd. Thunderstruck a parcouru trop de kilomètres. La comparaison avec Amsterdam en juin 2009 est flagrante.

Trêve d’hostilité. Reconnu comme faisant partie du conglomérat des fadas qui ne peuvent passer une semaine sans écouter au moins une plage de ces malades, force m’est de reconnaître que ces gaillards australiens ont depuis 1973 martelé mes pauvres tympans sur des riffs simples et efficaces enrobés par des solos percutants et la voix de feu Bon Scott et ensuite de son remplaçant Brian Johnson.

Je reste scotché sur le Live ’92, net, sans bavures, dynamique (XA082W). YO

(Disponibilité de ce CD)

SLASH Feat. Myles Kennedy and the Conspirators «Apocalyptic Love»

Roadrunner Records, 2012

ROCK HARD ROCK / HEAVY METAL

XS479T (Disponible Au Discobus 4)

Le deuxième album solo de l’ex Gun’s, Snakepit, Velvet Revolver est difficile à prendre en compte comme tel. La super gâchette de la six cordes ne peut naviguer seul. Un ou plusieurs accompagnateurs lui sont toujours nécessaires. Aujourd’hui il s’agit de Myles Kennedy.

Ils sont inséparables depuis leur dernière tournée.

Riffs et rock’n roll, dos courbé, manche de guitare tendu vers le ciel, Slash chapeaute sa petite équipe à laquelle il a donné un nom : The Conspirators. Plus rentre-dedans que son précédent exercice en soliste (mais accompagné par de nombreux invités), ce nouvel ovni nous livre enfin le Slash loin des vieux démons de son ancien band. Il ose enfin affirmer ses riffs qui ont construit la superbe des Gun’s. Surprenant d’aisance dans ces solos, il construit un bien bel ouvrage.

La voix choisie par Slash s’exprime pile-poil par un Myles Kennedy tout heureux de cette collaboration, et rappelle sans conteste les heures de gloire passées avec un certain Axel. Le petit plus pour le chanteur d’Alter Bridge est son aisance en live. Myles s’applique sur les parties rythmiques de guitare de l’album. Jouer à coté de l’icône s’est révélé comme une véritable cerise sur le gâteau.

On ne va pas gâcher son plaisir de retrouver l’homme au chapeau aussi bon en studio que sur scène. YO

(Disponibilité de ce CD)

MARILYN MANSON «Born Villain»

Cooking Vinyl, 2012

ROCK METAL

XM143Q (Disponible au Discobus 4)

Après des débuts prometteurs et son virage des années 2000, Brian Warner décide de se lancer dans la peinture, la réalisation de films et même dans la création de sa propre marque d’absinthe, la Mansinthe (66,6 °, couleur verte, arôme herbacé ? attention).

Dépité ou neurones perturbés par sa boisson, il revient à la musique en 2007 avec ‘’Eat Me, Drink Me’’, un album différent avec le suédois Tim Sköld. Le disque est une franche réussite, mais son approche plus pop déstabilise les fans du perturbateur.

2012 voit le retour de l’icône convenue dans le goth métal pour se rapprocher de ses ex-supporters. Twiggy Ramirez, nom de scène de Jeordie White et bassiste des grandes heures de Manson, est de retour. Réunis, les deux comparses tracent les lignes d’ un album totalement branché sur le standard métal avec détour sur l’indus. Le coup marketing ‘’You’re So Vain’’, reprise de Carly Simon sur laquelle est invité Johnny Depp, fait partie de l’art de soulever les masses par une reprise bien calibrée.

Le Vilain rentre dans le rang et semble prêt à assumer le personnage qu’il a créé. Dur, dur d’être un héros. YO

(Disponibilité de ce CD)

SOLACE « A.D. »

Small Stones Records, 2010

ROCK STONER DOOM

XS573V (Disponible au Discobus4)

Biberonnés dès leur premier âge au groove Black Sabbath, les chevelus baraqués from United States s’appliquent dans le Stoner Doom. Emballés dans un ensemble de riffs lourds et puissants supportés par des notes graves et un chant omniprésent, le club des cinq s’exécute dans le respect total de la définition du Stoner, conservant dans le lyric leur aversion pour l’horreur ou le gore, tout dans l’émotionnel.

Dans une affinité marquée par le métal, l’album s’inscrit dans la lignée des explorations menées à terme par d’autres brutaux de la six ou sept cordes, loud and proud. Sans trop s’égarer, l’héritage de Candelmass et son Epicus Doomicus Metallicus (XC058K) ou de Cathedral transpire dans la hiérarchie des copiés-collés. Hultz et Lund se sont échappés de Lethal Agression, Tommy Southard de Godspeed, et ont rejoint l’embarcation de type drakkar de Solace.

Le chant à la Ozzy s’écarte du modèle et visite un côté hardcore qui ne sied pas à l’ouvrage. Rester dans le canevas Heavy Rock aurait permis une meilleure consistance, c’est juste une question de goût et, comme on dit, tous les goûts sont … . Virtuosité et maîtrise des riffs semblent totales, distorsion et pédale Wah-Wah participent au décor parfait du genre.

Voilà, on parle image. Le cover réalisé par Paul Vismara reprend la technique descriptive de tout album sérieux faisant référence à l’univers gothique. L’artiste est spécialisé dans les fresques murales, ceci explique cela. YO

(Disponibilité de ce CD)

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Metal, guitare

MOTÖRHEAD “The World Is Ours, Vol.1”

Udr, 2011. Enregistrements 2010-2011

ROCK  ..METAL TRASH

XM880R (Disponible au Discobus 4)

Fondé en 1975 par son bassiste et chanteur Lemmy Kilmister, seul membre permanent du groupe des origines à nos jours, le groupe est reconnu comme une des plus grandes influences de trash métal.

Lemmy, roadie pour Jimi Hendrix en 1967, est la figure emblématique, le pivot inamovible du combo. Précurseur du chant guttural, sans aucune autre ambition que celle de vivre 100% rock’n’roll, il est autant respecté par ses pairs et la nouvelle génération, et décline souvent les offres uniquement intéressées par son image culte. Plus versé vers les copains que vers gloire et fortune, il offre participation à Ozzy, Slash, Foo Fighters.

Pour faire la fête des 35 ans de Motörhead, Lemmy est reparti sur la route avec sa basse, et commence son live par une grande phrase, égale à lui-même, « Nous sommes Motörhead, et nous jouons du rock’n roll », voilà, ça c’est fait.

Des morceaux de légende joués par des légendes, le descriptif ne sert à rien, le DVD bonus apporte toute la lumière nécessaire sur le sujet. YO

(Disponibilité de ce CD)

MASTER MUSICIANS OF BUKKAKE “Totem Three”

Important Records, 2011

ROCK PSYCHEDELIC ROCK

XM263V (Disponible au Discobus 4)

Un feu de patchouli s’est déclaré à Seattle, feu qui se nourrit de lui-même et participe à un rassemblement berbère heavy psyché, partagé par un groupe d’humanoïdes marqué par la nécessité impérieuse de mélanger soufisme et Led Zeppelin au pays des Maures.

Naviguant dans ce brouillard constant d’encens, l’ensemble matraque un gros son arabisant et nord-africain avec la guitare de Black Sabbath. A l’écoute, on est bluffé par le résultat obtenu à partir de ce concept. Une ambiance, une force quasi subliminale entourent l’auditeur dans un voyage à des années-lumière des certitudes musicales, de classement de genres.

Les différentes espèces de bois utilisées pour grandir les flammes semblent inépuisables, offrent une chaleur forte et rassurante, qui donne envie de rester au plus près. On semble proche de l’instant présent capté dans une orgie instrumentale, une musicalité propice à la digression et aux multiples échappatoires possibles.

Un grand travail de musiciens détricote les genres et inspirations, avec pour seul but avoué un mélange géographique et intemporel écartant toute rubrique de classification. En concert, l’ensemble doit tenir de l’élévation mystique et de prouesses de balance de mixage. YO

(Disponibilité de ce CD)

MASTODON “The Hunter”

Roadrunner Records, 2011

XM268S  (Disponible au Discobus)

ROCK METAL

A l’image de leurs pochettes d’album, le métal de Mastodon est extrêmement travaillé. Brann Dailor apparaît comme la pierre angulaire du groupe, une percu omniprésente donnant le tempo général de chaque plage. Les guitares, tantôt rapides et techniques, peuvent en un instant basculer dans le lourd et le lent.

Un modèle de la nouvelle scène métal, flirtant allègrement du trash au death, s’alliant des formes plus hard rock et bien entendu la ballade métal avec The Hunter, morceau phare de ce quatrième album. Larguant les amarres avec le chant guttural, la nouvelle atmosphère vocale inaugure une nouvelle évolution de leur particularité et de leur sincérité dans leur création. Brent HINDS et Troy SANDERS délimitent les textes mystiques, sociaux, politiques, et influent un courant plus mélodique dans le jeu de leur six cordes. Leur performance studio s’accompagne de participations aux festivals, se frottant sans aucune forme d’infériorité aux machines Slayer ou Slipknot, prenant le plus souvent à contrepied un public plus hardrock que métal.

L’inventivité et la différenciation du combo emporte leur public vers d’autres horizons, moins stéréotypés, plus originaux, un hardrock métal très progressif, pluriculturel, défriché, hors convention stylistique. Why not ?  YO

(Disponibilité de ce CD)