T WITH THE MAGGIES « T With The Maggies »

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

TWM Music, 2011

MR9719 (Disponible au Discobus 4)

Si vous êtes coutumiers du gaélique, vous n’aurez aucune difficulté à prononcer à voix haute et en public le nom de ces quatre chanteuses qui composent T With The Maggies : Moya Brennan, Mairéad Ní Mhaonaigh, Tríona Ní Dhomhnaill et Maighread Ní Dhomhnaill (*)

Moya Brennan (anciennement appelé Maire Brennan) n’est autre que la chanteuse de Clannad, un groupe folk – new age qui eut son heure de gloire dans les années 80. D’une voix douce et grave, elle lance son chant par vagues, comme un son qui apparait en douceur et se termine en s’atténuant graduellement.

Mairéad Ní Mhaonaigh est à la fois chanteuse et violoniste. Avec feu son mari, elle a créé Altan, un groupe très connu qui interprète les musiques et chants traditionnels de son voisinage et de son comté.

Quant à Triona et Maighread Ní Dhomhnaill, elles sont sœurs. Et tant avec leurs anciens groupes Skara Brae et Bothy Band qu’en solo ou à deux, elles chantent des airs traditionnels collectés dans leur comté.

Lors d’un concert d’hommage à leur frère, en 2007, les deux sœurs furent rejointes par leurs amies Moya et Mairéad. C’est ainsi qu’est née l’idée de composer un groupe à quatre, reprenant les airs du comté de Donegal.

Et bien leur en prit car l’association des voix est une franche réussite. Les harmonies sont subtiles, le chant est souvent à l’unisson, parfois se répétant en écho (Bíodh Orm Anocht). Elles alternent les titres où se distingue l’une ou l’autre, et ceux où elles chantent ensemble.

Leur album débute par un hymne légèrement sautillant. Puis on passe à du nostalgique (Domhnach na Fola). Le reste de l’album propose à la fois des chants légers et calmes et des ballades rythmées mais toujours tendres, accompagnés aux violons, au piano, au djembe, à la harpe ou à l’accordéon.

Les divas du Donegal ont commis un excellent premier album, un peu anesthésiant à la longue, mais délicat et raffiné. DM

(Disponibilité de ce CD)

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(*) Pour les plus forts, on peut aussi ajouter la participation de Maire Ni Mhaolmhichil ainsi que de Cumann Thir Chonaill Baile Atha Cliath.

Voix d'Irlande : les soeurs !

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

Les chanteuses présentées dans notre thème  Voix de Femmes d’Irlande  ont souvent une sœur qui est elle-même chanteuse (dans un groupe ou dans les secondes voix).

Ainsi Moya Brennan du groupe Clannad n’est autre que la sœur d’Enya.

Moins célèbres sont les sœurs Mairéad et Triona Ni Dhomhnaill. Ou Mary et Cara Dillon. Ou encore Mairéad et Anna Ni Mhaonaigh.

La célèbre Mary Black a aussi une sœur appelée Frances.

Quant à Andrea, Sharon et Caroline, ces trois sœurs ont formé les … Corrs.

Dolores Keane a un frère chanteur, et Sinead O’Connor a un frère romancier.

Dolores O’Riordan (Cranberries) a bien une sœur, mais qui n’est pas connue comme chanteuse.

Enfin, après le succès des « Prêtres », les sœurs chanteuses de l’Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation à Barroux, en Avignon, ne sont ni sœurs, ni Irlandaises.

Et c’est tant mieux pour nous ! DM

Mary DILLON : la plus belle voix d'Irlande ! (partie 3)

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

Mary Dillon a commencé à chanter au sein de Deanta. Deux albums ont vu le jour en 1993 et 1994 (voir les deux articles : partie 1, partie 2).

Cette  troisième partie complètera la liste des chansons de cette artiste malheureusement peu connue.

MR2932  1997  Deanta «Whisper Of A Secret »

Trois ans après leur deuxième album, Deanta sort un album toujours sobre et agréable.

Mary Dillon possède une voix toujours claire et satinée et y chante les lamentations des exilés irlandais.

C’est le cas dans Lone Shanakyle où sa voix commence a capella, suivie par la harpe et par le violoncelle. Une chanson à l’instrumentation dépouillée, discrète même. Et des paroles sur le thème invariable de la nostalgie de la mère patrie : « Solitaire et triste, j’erre loin de ma maison natale… ».

Pour The Blacksmith, ce chant d’amour déçu d’une belle pour un forgeron, bien des interprétations existent. Celle de Loreena McKennitt, à la voix puissante et vibrante accompagnée d’un accordéon. Celle de Steeleye Span, à la guitare électrique, chœurs et violons dans le style folk anglais. Celle de Planxty aux bouzoukis irlandais dans un style traditionnel, Celle de David Diggs, électro malgré la présence d’un uilleann pipe.

Et puis celle de Deanta, avec un début calme à la harpe puis plus rythmé au bouzouki auquel s’ajoutent les flutes aux deux tiers du morceau. Et toujours la voix sublime de Mary.

Mais une écoute vaut mieux qu’un long discours. Faites votre choix :

Mix : Loreena McKennitt – Steeleye Span – Planxty – David Diggs – Mary Dillon

Le titre phare de cet album est Where Are You, une merveilleuse mélodie, douce, en trois temps, composée en 1987 par Andy M Stewart – un songwriter écossais (du groupe traditionnel Silly Wizard).

Si dans cette chanson d’amour, son compositeur avait une voix un peu rugueuse, au contraire Mary y met toute sa sensibilité et sa fragilité.

L’accompagnement délicat du groupe Deanta et surtout les solos au saxophone accentuent la tristesse de la chanson : « Où es-tu ce soir, je me le demande ? Et où seras-tu ce soir quand je pleurerai ? … »

Plus positive est la belle histoire de Willie & Mary.

Willie s’en va en mer et demande à Mary de ne pas le pleurer car dès son retour, il fera d’elle sa fiancée. Elle l’attend pendant sept ans et n’a aucune nouvelle de lui. Un jour, un mendiant dépenaillé et loqueteux, avec un œil bandé, lui demande la charité et lui dit qu’elle ne reverra jamais son amoureux.

« Mon Willie est-il mort ou vivant ? » demande-t-elle. « S’il est mort, jamais je n’épouserai un autre ».

Alors le bandeau tombe, ainsi que le vieux manteau et les béquilles, le mendiant n’est autre que Willie : « C’est ta fidélité que j’ai voulu éprouver. Allons de suite à l’église. Et de la petite Mary, j’en ferai ma fiancée ! »

Ce beau conte est servi avec une mélodie en mode majeur et un accompagnement où se détache davantage le bouzouki irlandais. La voix de Mary Dillon est légère et rend agréable ce morceau traditionnel.

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Après cet album, Deanta cesse de jouer et Mary Dillon continue son travail d’enseignante.

Il se reforment pour une émission télévisée sur la BBC d’Irlande du Nord en 2008.

A cette occasion, ils jouent quelques morceaux de leurs albums et un titre inédit Clothes Of Sand.

Clothes Of Sand est la chanson la plus belle et la plus touchante de Mary Dillon.

Le poète-chanteur Nick Drake l’avait composée et interprétée à la guitare. Les paroles sont sensibles, tristes et d’une poésie extraordinaire.

Et la voix de Mary, plus mature, douce, émouvante les chante d’une telle manière que cela vous arrache le cœur. Il y a une telle intensité et une telle profondeur.

Regardez Mary Dillon, elle est sur le côté, le regard vers le bas, une réserve et une discrétion dans son maintien, une émotion contenue : la voix vient de l’intérieur et nous transmet les images de cet amour perdu.

Clothes Of Sand 
(augmentez le son)

En 2010, elle revient à nouveau, et en son nom seul, pour nous livrer quatre belles chansons dont le sobre et magnifique Army Dreamers de Kate Bush, au piano et à la harpe.

En 2012, elle rejoint Niamh Parsons et Tíona McSherry, deux autres chanteuses irlandaises, pour former le groupe « Sí Van ».

Un nouvel album solo est également en cours de préparation.

Par la fragilité et la délicatesse de sa voix, les ornements qu’elle apporte à son interprétation des chants traditionnels, par la justesse de son chant et l’émotion qu’elle transmet, vraiment Mary Dillon peut être considérée comme a plus belle voix d’Irlande.   DM

Mary DILLON : la plus belle voix d'Irlande ! (partie 2)

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

Ainsi que nous l’avions lu dans la première partie (voir article) , Mary Dillon n’a sorti aucun CD à son nom.

Voici néanmoins une petite liste des chansons avec le groupe Deanta, chansons qui ont fait d’elle la plus belle voix d’Irlande.

MR2930 1993 Deanta  « Deanta »

Sur « Deanta » l’album éponyme du groupe, Mary chante « The Green Fields Of Canada ». La chanson dépeint la tristesse du départ des Irlandais vers l’Amérique et l’adieu à tout ce qu’ils ont connu et aimé. L’accompagnement y est sobre et approprié : harpe, violons et flûtes.

La voix de Mary coule comme les larmes des regrets avec une pureté et une clarté, comme si elle était dans la peau de ces gens pauvres qui quittent leur pays : tristes mais lucides. Elle ressemble à un uilean pipe vocal, avec des variations (ornements) propres à son chant.

Elle chantera ce morceau a capella sur la chaine de télévision publique irlandaise TG4. Un moment de grâce. Le visage de Mary traduit l’abattement avec beaucoup d’humilité dans son expression.

« Cold Grey Fairyland » jouit d’une mélodie plus positive jouée à la guitare et un texte qui évoque l’espoir, tandis que « Willie Taylor » est carrément enjoué et dansant.

« Dark Iniseoghain » est le chant d’un amoureux, égaré, qui cherche son amour parmi les forêts et les collines. Un morceau délicat en trois temps, romantique et mélancolique, une instrumentation subtile et douce, une interprétation convaincante et juste. La deuxième plus belle chanson de l’album après « The Green Fields Of Canada »

(Disponibilité de ce CD)

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MR2931   1994  Deanta  « Ready For The Storm »

Le deuxième album de Deanta « Ready For The Storm » reprend les mêmes ficelles que le premier : une instrumentation délicate, des danses et des slow airs et… encore de magnifiques ballades chantée par une voix toujours claire aux ornements inimitables.

« The Lakes Of Pontchartrain » narre les élans amoureux d’un immigrant Irlandais, qui a gagné un peu d’argent et projette de revenir au pays, envers une belle créole qui vit près du lac de Pontchartrain aux environs de la Nouvelle Orléans. Un peu de nostalgie sur une mélodie pourtant lumineuse (en mode majeur). Déjà interprétée en 1974 par Planxty, puis par d’autres chanteurs irlandais, cette douce chanson jouée principalement à la harpe et à la guitare montre une Mary Dillon en pleine forme, n’hésitant pas montrer sa force dans les notes les plus élevées.

« Culloden’s Harvest » fait référence au combat qui opposa en 1746 les partisans de Charles Edouard Stuart (des Highlanders et quelques Irlandais) et les troupes britanniques. La bataille fut si sanglante et inégale (épées contre canons)qu’on l’a surnommée la moisson (harvest). Ce lament est construit sur le modèle refrain-couplets avec des ponts joués aux flûtes et aux violons. La voix de Mary est doublée dans le refrain. Pour les couplets, les cordes assurent un accompagnement uniforme enrichi par le son perlé de la harpe.

Le ton léger et dansant de « The Maid That Sold Her Barley » pourrait faire croire à une ritournelle un peu simpliste qui narre la rencontre d’un homme et d’une jeune fermière qui va à la ville pour vendre son orge. Mais en fait d’orge, il s’agit plutôt de ses charmes… Quand elle s’en revient, l’homme l’interpelle… Mais trop tard, elle a déjà vendu son orge !

Avec « Ready For The Storm », pour la première fois, Deanta sort du répertoire traditionnel pour interpréter cette belle composition de Dougie MacLean, un chanteur-compositeur écossais. Cet hymne à la mer et à l’amour d’un marin solitaire est traduit par la harpe et la voix douce mais assurée de Mary Dillon.

Enfin, dans un dernier titre « The Benedy Glen », Mary exprime à nouveau l’émotion et la beauté, autour d’une poésie sublime, un vrai tableau de la nature de son pays, près de Dungiven, où elle est née. La chanson commence a capella puis s’envole avec de fines touches de synthé et de violons et se pose comme elle avait commencé. J’aurais aimé qu’elle reste sans instrument.  : une voix, de la poésie, et rien d’autre !  DM

 

Marian BRADFIELD : ni la meilleure, ni la pire !

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

Marian Bradfield est une songwriter originaire de Donegal en Irlande du Nord. Bien qu’elle ait sorti peu d’albums (3 albums studios et un Live), elle s’est fait connaître entre autres par les compilations « Celtic Women » et reste certainement l’une des dix meilleures chanteuses d’Irlande.

Ses compositions chantent les hauts et les bas de la vie, les rêves, les espoirs et les craintes ou douleurs quotidiennes de chacun de nous. Son style est plus proche des folk-singers, voire de la variété, que de la tradition irlandaise. Les instruments qui accompagnent son chant ne sont pas vraiment traditionnels non plus : piano, batterie, guitares acoustiques ou électriques, percussions, basse, claviers. De temps en temps, un peu de fiddle (violon), d’accordéon ou de whistle (flûte appelée ‘flageolet’ chez nous).

Sa voix est assurée, puissante par moments, tendre à d’autres instants, et toujours bien articulée.

MR1051 (Disponible au Discobus 4 d’avril à juin 2012)

« The Emperor’s Field« , son troisième album est paru en 1997 et lui a permis de se faire connaître hors Irlande. Quelques morceaux sont convaincants comme le titre éponyme « The Emperor’s Field » joué finement, en acoustique, et qui évoque les souvenirs d’enfance, la nostalgie du temps passé, les rêves de gosses qu’on aime à revivre dans les moments difficiles.

Marian Bradfield ne provoque pas vraiment un séisme émotif dans son répertoire un peu variétoche, mais on peut lui donner tout de même un 6/10 sur l’échelle de l’Ulster. DM

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Extrait musical : The Emperor’s Field

MR1051 (Disponible au Discobus 4 d’avril à juin 2012)

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