NIYAZ « Sumud »

Six Degrees, 2012 

MUSIQUE DU MONDE IRAN

MX1582 (Disponible au Discobus 4)

Après l’éblouissant From Night to the Edge of Day d’Azam Ali et le brillant Mehraab de Loga Ramin Torkian, sortis tous deux en 2011, on attendait impatiemment le nouveau bébé musical des époux et de leur coproducteur et claviériste Carmen Rizzo, qui ne tient pas seulement la chandelle.

Sumud ne faillit pas à notre attente. Bien sûr, il s’agit toujours d’une musique où fusionnent la tradition et la modernité, le son du santour, du saz et autres instruments traditionnels et de l’électronique façon trance. La voix vibrante et obsédante d’Azam Ali s’appuie principalement sur des rythmes électro, conservant un effet hypnotique.

La singularité de Sumud réside plutôt dans l’origine des airs traditionnels : turque, iranienne, kurde, afghane et palestinienne. Mais l’album n’en est pas disparate pour autant.

Parishaan, le premier titre, débute par quinze secondes d’un rythme décalé et déstabilisant, que vient rassurer la mélopée persane et un tempo plus familier. Les autres airs du CD s’y apparentent. Rah-e-vafa décolle et s’envole, Mazaar rappelle les maqams afghans ou Nusrat Fateh Ali Khan, et Rayat al Sumud sublime la voix d’Azam Ali dans une superbe ballade arabe.

Point noir de ce pourtant bel album : la tonalité (en Si) est identique sur six des dix titres de Sumud, ce qui donne parfois l’impression qu’on reste encore dans le même morceau.

La philosophie de l’album tient entièrement dans la signification de Sumud, qui se traduit par persévérance. Plus qu’un titre, c’est une idéologie que Niyaz développe par un message d’espoir : le droit pour chaque être humain de vivre avec dignité et liberté sur la terre où il est né. La plus belle déclinaison de cette philosophie transparait dans les belles paroles de Rayat al Sumud : « Peu importe combien de temps ils te tiennent à l’écart, combien de temps tu resteras sans foyer, tu dois retourner chaque jour avec le drapeau de la résistance… »

Constant et persévérant, Niyaz nous offre encore ici une musique inspirée et magique. DM

(Disponibilité de ce CD)

Extrait de Vafa

Loga Ramin TORKIAN « Mehraab »

Six Degrees, 2011

MUSIQUE DU MONDE    IRAN

MX1923 (Disponible au Discobus 4)

Comme dans les albums de son épouse Azam Ali ou de ses différents groupes ( Axion of Choice  et  Niyaz ), la musique de Loga Ramin Torkian nous transporte dans le domaine de l’émotion, extirpe des rythmes et des sons des profondeurs dans la part orientale de nos racines.

Torkian nous emmène en Orient sur un tapis volant de neuf titres hypnotiques. Sa musique a une forte puissance évocatrice. Ses rythmes suggèrent la transe dans un esprit proche du soufisme. Un multi-instrumentiste novateur et créatif, qui n’hésite pas à travailler les sons et à transformer ou inventer des instruments, comme sa guitare-viole.

Mehraab, son premier album solo, mélange habilement les sons modernes (synthés, effets électroniques) aux instruments traditionnels (tar, djura, saz, …), rappelant des musiciens tels que le Turc, Mercan Dede.

Dès l’instrumental Gavan-The wild Deer, se dégage une énergie imprimée par des percussions obsédantes : on tournerait bien sur soi-même, à l’instar des derviches et, au bout de ce premier morceau, on tournerait bien encore.

Suivent sept chansons interprétées magistralement par le chanteur classique iranien Khosro Ansari, ici en totale communion avec l’atmosphère musicale de Torkian. Sept titres qui nous poursuivent, nous envoûtent.

Avaaz, planant et magique, éveille des visions d’horizons infinis, de sommets isolés, de voyages initiatiques, de contrées inconnues.

Autre pochette de « Mehraab »

Your Bewitching Eyes [Carmen Rizzo Remix], le dernier titre, est toutefois très dispensable, convenant davantage aux discothèques orientales.

Un beau disque d’une chaleur mystique, profond et exaltant. DM

(Disponibilité de ce CD)

Azam ALI “From Night To The Edge Of Day”

Six Degree Records,  2011

MUSIQUE DU MONDE    IRAN

MX1246  (Disponible au Discobus 4)
C’est tellement rare de tomber sur un album qui plaise autant que celui-ci ! Envoûtant, touchant jusqu’au fond de l’âme, d’une beauté quasi infaillible.
La douceur et la grâce de la voix d’Azam Ali nous transporte au-delà de la réalité, s’insinue dans notre corps entier pour en éveiller les sens, nous conduire à l’extase, à la transe ou au bien-être. Ou à un dieu…
Son chant aurait inspiré les sirènes en des temps plus anciens, arrachant Ulysse à son mat. Et pourtant, ce ne serait, au départ, que des berceuses iraniennes…
Sur une musique évocatrice des déserts iraniens, de la nuit à la pointe du jour, d’un ciel désespérément bleu comme la pochette de l’album, la voix se pose avec tant de majesté, tant d’harmonie et de paix…  Des perles d’un Orient transfiguré jouées au santour (instrument à cordes frappées, comme la cithare), à l’oud, au violon arabe, au sitar et aux percussions. Et parmi ces joyaux « Tenderness », « Noor (The Light In My Eyes) » , « Dandini » et « Neni Dessem » planent au-dessus d’autres titres plus cadencés, d’une essence soufie.
Sans doute le plus beau coup de cœur, le plus bel oasis dans notre hiver musical. DM
(Disponibilité de ce CD)

TRIO CHEMIRANI « Invite »

Accords Croisés, 2011

MUSIQUE DU MONDE IRAN

MX1314 (Disponible au Discobus 4)

DM

(Disponibilité de ce CD)

Alireza GHORBANI & Dorsaf HAMDANI « Ivresses – Le Sacre de Khayyam »

Accords Croisés, 2010

MUSIQUE DU MONDE …..IRAN TUNISIE

MX1384 (Disponible au Discobus 4)

En hommage à Omar Khayyam, savant, poète, philosophe et mathématicien perse, Alireza Ghorbani et la chanteuse Dorsaf Hamdani chantent un cycle musical sur les quatrains de ce poète du XIIe siècle.

Ils réussissent à éviter la mélancolie par un beau chant, où alternent le farsi du chanteur iranien et l’arabe de la chanteuse tunisienne, un mélange subtil et délicat qui ne lasse pas.

L’instrumentation est sobre : oud, târ (luths arabes), percussions, kamanche (sorte de violon), … et vibre et s’échauffe régulièrement.

« La caravane de la vie, regarde-la, comme elle passe

De chaque instant, saisis la joie !… Ne te soucie pas du lendemain de tes convives. Tends-nous la coupe, verse le vin, écoute-moi : la nuit s’en va. »

Une musique vivante sur des poèmes anciens. Un régal, une ivresse ! DM

(Disponibilité de ce CD)