THE JON SPENCER BLUES EXPLOSION «Meat And Bone»

Bronze Rat Records, 2012

ROCK.. BLUES.. ROCK.. GARAGE ..PUNK

XS660U (Disponible au Discobus 4)

Attention, ce n’est pas du blues gentillet. Du gros rock garage à la sauce punk et aux influences stoniennes des débuts et clin d’œill au King résume le brulot..

Huit années de silence n’ont pas assagi le Spencer Blues, loin s’en faut. Pas de gants, pas de travail de mixage, du brut bien «sale», bien coriace, du dur.

Réalisé au Key Club un studio de Benton Harbor dans le Michigan, Meat And Bone transpire le décor, un endroit jadis très industriel mais où l’activité navale s’est éteinte quand le réseau routier s’est développé. La ville est morte dans les années 60 et 70.

Le JSBX connait la recette pour faire ce genre de morceaux qui montent souvent en puissance et s’achèvent dans un fracas assourdissant.

Ils donnent dans le blues avec un son trash, gorgé de fuzz qui veut tout balayer sur son passage. Ce sont ces plages qui matérialisent ce nouveau Meat And Bone où l’enthousiasme des musiciens fera oublier quelques passages pas forcement indispensables, qui manquent de patate, ou un peu en demi-teinte.

Il vaut quand même la peine d’y jeter une oreille attentive sans oublier que c’est vraiment sur la scène que le groupe prend vraiment toute sa dimension. YO

(Disponibilité de ce CD)

Moe TUCKER «I Feel So Far Away (Anthology 1974-1998)»

Sundazed Music Inc, 2012

ROCK ..GARAGE INDIE

XT885T (Disponible au Discobus 4)

Qui a vu exploser le Velvelt Underground et Lou Reed en frappant debout sur ses caisses de batterie ? Maureen Ann Tucker (dite Moe Tucker) une musicienne américaine née le 26 août 1944, à New York.

L’actualité immédiate de l’artiste détruit l’image que l’on peut se faire d’elle. Ancienne égérie d’un groupe anticonformiste et décadent, son soutien au Tea Party lui met à dos les médias d’Outre-Atlantique, désarçonnés par ses nouvelles prises de position.

Le passé étant le passé, après le Velvet, Moe continua seule sa passion pour la musique et réalisa quatre albums studio et deux live. Elle y jouait de tous les instruments et y conviait à l’occasion ses anciens potes Lou Reed, John Cale, Sterling Morte-saison.

I Feel So Far Away retrace les quatre albums de cette personnalité bien trempée, une musique aux influences Velouté très prononcées, un son brut entièrement constitué de bricolage.

Fidèle à ses convictions, Moe ne changera pas son approche minimaliste et explosive du rock.

L’anthologie proposée ravira les fans du Velouté et de Lou Reed. YO

(Disponibilité de ce CD)

PAVEMENT “Brighten The Corners” (Deluxe Edition)

Matador Records, 2008. Enregistrements 1997-1999

ROCK INDIE LO-FI

XP209O (Disponible au Discobus 4)

1989-1999, date de naissance et date de fin pour Pavement. Californiens, initiateurs du mouvement Lo-Fi, Malkmus et Kannberg enregistrent un rock aux influences garage, compositions aux mélodies fortement imprégnées de sonorités expérimentales, dissonantes ou cacophoniques, ou induites par la mauvaise qualité de l’enregistrement.

Chants laconiques et musiques cristallines décrivent au mieux leur apport musical. Le psyché emporte souvent les auteurs dans des ombres musicales plus méditatives, et leur ouvre les portes de la reconnaissance. Conservant un univers mélodique appréciable et apprécié, Pavement se définit comme une certaine formalité dans la musique indépendante et alternative de l’époque. Le passé récent de Sonic Youth a conforté la marque de fabrique du groupe, laissant le champ libre à une forme de liberté et d’individualité du style, donnant des lettres de noblesse au mouvement indie, référence fortement utilisée par les héritiers.

La réédition apporte un plus et met en valeur des faces B de l’époque, des sessions live radio.

En 2001, Stephen Malkmus a relancé la machine avec son nouveau The Jicks, Mark Ibold, bassiste du groupe, a rejoint depuis 2009 Sonic Youth. Steve West a sorti son album en 2003. YO

(Disponibilité de ce CD)

LITTLE BARRIE « King Of The Waves »

Bumpman Records, 2011

ROCK

XL552N (Disponible au Discobus 4)

Après deux albums, le combo anglais revient avec un nouvelle livraison. Accompagnés de Virgil Howe au charleston, ‘fils de’ Howe, guitariste de Yes, les petits plats se sont installés dans les grands.

D’une inspiration rock sixties, garage, rock, blues, les titres suivent les méandres du fleuve avec comme nom Animals ou Fab Four des débuts. Exercice périlleux en ces temps numériques, on retient au final un album abouti avec brio. Une voix à la Gallagher (ex-Oasis), à elle seule, permet de dater l’enregistrement avec précision. On notera une collaboration avec Russel Simins (The Jon Spencer Blues Explosion) qui donne une vision des possibilités des gaillards.

Sans redondance, on plonge avec plaisir dans les rapides et les calmes, avec dans les oreilles des sons et mélodies connus, avec la source bien identifiée, une eau claire, un parcours fluvial agréable. YO

(Disponibilité de ce CD)

THE BLACK KEYS "Brothers"

V2 Records (2010)

BLUES

KB4228 (disponible au Discobus 4)

La voie du milieu serait celle de la sagesse. Sagesse n’est peut-être pas le terme à employer pour ce duo d’allumés à la rage blues-garage. Les Black Keys ont néanmoins trouvé leur équilibre dans ce qu’ils qualifient de « medium-fi »: comprendre une musique « lo-fi » traitée avec le plus grand soin (« hi-fi »).

Peu ou pas de fioritures ici, mais un son sale, une bonne idée par morceau, exploitée jusqu’à la moelle dans un jeu d’intensité et de breaks ravageurs.

Sur leur nouvel opus, « Brothers », le duo (épaulé entre autre par Danger Mouse) pousse le travail de production dans une volonté de séduction maximale. Gimmicks et lignes de basse en avant, le résultat apparaît parfois presque trop léché, mais dégage toujours cette même efficacité nerveuse à vous réveiller un mort. D’ailleurs, des fantômes soul ou psyché rôdent. Du blues certes, mais réalisé au XXIème siècle par deux blancs-becs biberonnés à la musique noire. Lire la suite