KLEZMIC ZIRKUS “Klezming Pool”

Home Records Compact, 2012

MUSIQUE DU MONDE ..MUSIQUE KLEZMER ..BELGIQUE

MN8117  (Disponible au Discobus 4)

klezmic_zirkus_kklezmic_pool discobus4Ils n’ont pas fini de nous étonner, ces joyeux drilles de la musique klezmer belge ! Fougueuse, endiablée, la bande d’Aurélie Charneux tourne, pleine de dynamisme et de folie musicale, autour de la clarinette, oscillant entre rock et jazz.

Quarante minutes trépidantes, bondissantes et syncopées pour un bain de jouvence dans leur Klezming Pool. Ni musique de bals folks, ni tradition rigoureuse juive. On entre dans leur cirque où ils incarnent les acrobates et trapézistes (haute-voltige des instruments), les clowns (humour et dérision) et les magiciens (enchantement).

Une étonnante adaptation du troisième mouvement de la symphonie N° 1, Titan, de Mahler, ouvre les festivités avec brio. Le thème de Frère Jacques en mode mineur, est joué avec gravité par les cuivres, puis l’accordéon et la clarinette chantent en alternance jusqu’à une danse qui s’accélère pour revenir au rappel du thème initial.

Morcelekh cligne de l’œil à la vibration sonore première (« om »), Le bus invite au voyage avec des arrêts très rock tandis que les Sirbas lorgnent vers le free jazz. Enfin, présenté en concert à Liège, Très cher Kun offre une danse traditionnelle revisitée et pleine d’énergie. DM

(Disponibilité de ce CD)

 

Kristi STASSINOPOULOU & Stathis KALYVIOTIS “Greekadelia”

Riverboat, 2012

MUSIQUE DU MONDE GRECE

MS7846  (Disponible au Discobus 4)

kristi_stassinopoulou_stathis_kalyviotis_greekadelia  discobus4Kristi Stassinopoulou et Stathis Kalyviotis sont bien décidés à dépoussiérer la chanson grecque traditionnelle, connue sous le nom de Demotika. Ils proposent des arrangements modernes et inventifs, passant de l’acoustique avec le luth grec (lauto), l’harmonium indien et les percussions, aux samples et aux effets électroniques.

La voix de Kristi évoque les vieilles chanteuses de rebetiko par moment (Pes Mou Poia Mana, Marenomai). À d’autres instants, elle se fait fluide ou chaleureuse, s’adaptant aux rythmes, aux univers et aux thèmes abordés : des chants de marins, des légendes villageoises, des chansons d’amour, un hymne au feu…

Alors que tous les titres proviennent de différentes parties du pays (Epire, Thessalie, Îles du Dodecanese, Asie Mineure), leur approche musicale confère à l’ensemble une cohérence certaine. Leur ‘folktronic’ ajouté à l’instrumentation minimale, parfois psychédélique (Rodo Tis Protanastasis), possède aussi un ton agréable et familier. Tous les titres sont par ailleurs des morceaux bien connus des Grecs.

Le duo Stassinopoulou-Kalyviotis convainc par une interprétation originale de la tradition. Un souffle nouveau passe sur la Grèce. Éole n’est pas loin. DM

(Disponibilité de ce CD)

 

Klaus SCHULZE « Mirage »

Thunderbolt, 1977 

ROCK  ELECTRONICA  SPACE ROCK

XS130H (Disponible sur demande)

La musique de Klaus Schulze est apparue dans les premiers temps du synthétiseur, à la préhistoire de la musique électro. Elle dégage toutefois une modernité que peu de musiciens actuels arrivent à égaler dans sa fraicheur et dans son environnement sonore.

Mirage est un de ses albums les plus envoutants qui propose un voyage en deux parties. Il utilise un générateur de séquences sonores à travers un synthétiseur Moog et fait varier la tonalité en live. Les synthés analogiques des années 70 sont monophoniques (une seule note à la fois). Klaus Schulze utilise donc une batterie de presque quinze synthétiseurs pour permettre plusieurs strates de son. Un album profond pour lequel plusieurs écoutes musicales actives sont nécessaires.

Velvet Voyage est totalement atmosphérique, délivrant des sons qui reviennent de manière récurrente puis s’entremêlent, suivis de couches successives de sonorités jouées au synthé ou de bruits blancs. Dès la septième minute, émergent doucement des accords et l’esquisse d’une mélodie lointaine. Sept minutes plus tard, le séquenceur s’introduit dans le mouvement planant et les couches de brouillard musical.

Crystal Lake commence avec une séquence aux sonorités plus cristallines, pareilles à de fines clochettes, très répétitives, avec quelques variations subtiles qui évoquent Steve Reich. Si l’on est dans un brouillard, celui-ci est beaucoup plus aérien. Comme la couche de nuages qu’on traverse pour accéder au sommet. Simultanément à des notes basses, Klaus Schulze fait varier la tonalité des séquences. Après quatorze minutes (un multiple de sept), le séquenceur céleste faiblit et s’estompe, ne laissant que le son de basse qui amorce la descente et, après une réminiscence des sonorités du début de l’album, un retour à une séquence qui clôt l’album.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Azam ALI “From Night To The Edge Of Day”

Six Degree Records,  2011

MUSIQUE DU MONDE    IRAN

MX1246  (Disponible au Discobus 4)
C’est tellement rare de tomber sur un album qui plaise autant que celui-ci ! Envoûtant, touchant jusqu’au fond de l’âme, d’une beauté quasi infaillible.
La douceur et la grâce de la voix d’Azam Ali nous transporte au-delà de la réalité, s’insinue dans notre corps entier pour en éveiller les sens, nous conduire à l’extase, à la transe ou au bien-être. Ou à un dieu…
Son chant aurait inspiré les sirènes en des temps plus anciens, arrachant Ulysse à son mat. Et pourtant, ce ne serait, au départ, que des berceuses iraniennes…
Sur une musique évocatrice des déserts iraniens, de la nuit à la pointe du jour, d’un ciel désespérément bleu comme la pochette de l’album, la voix se pose avec tant de majesté, tant d’harmonie et de paix…  Des perles d’un Orient transfiguré jouées au santour (instrument à cordes frappées, comme la cithare), à l’oud, au violon arabe, au sitar et aux percussions. Et parmi ces joyaux « Tenderness », « Noor (The Light In My Eyes) » , « Dandini » et « Neni Dessem » planent au-dessus d’autres titres plus cadencés, d’une essence soufie.
Sans doute le plus beau coup de cœur, le plus bel oasis dans notre hiver musical. DM
(Disponibilité de ce CD)

Lucas SANTTANA « Sem Nostalgia »

Mais Um Discos, 2011

MUSIQUE DU MONDE  BRESIL

MI1100 (Disponible au Discobus 4)
Le paysage musical brésilien a changé. La samba ou la bossa nova, ce sont des « trucs pour les vieux ou les touristes ».
Les sons électroniques et l’ordinateur ont opéré un changement en profondeur. Autorisant chaque Brésilien, fils de riche ou jeune des favelas, à créer, à modifier et à se réapproprier la musique :
– C’est le Mangue Beat. Musique métisse née du couple de percussions africaines et de l’électronique avec des guitares saturées. Vif, intense, imaginatif.
– C’est le Baile Funk. Musique des ghettos, musique de remixes, de transformation du funk de Floride. Brulant, violent, charnel.
– C’est la Tecno Brega. Pilleuse, ringarde, romantique.

– Et puis, c’est aussi Lucas Santtana. Atmosphérique, étrange parfois !

Il nous montre qu’il est possible d’utiliser sa voix et sa guitare acoustique pour élargir le champ des styles brésiliens.
À l’exception des sons d’insectes, échantillonnés et intégrés, Lucas Santtana a utilisé uniquement des guitares acoustiques et des voix. Bien sûr, il a utilisé des filtres, des micros et des techniques différentes pour créer une athmosphère particulière.
Dès “Super violão mashup”, qui ouvre l’album, on est plongé dans un instrumental nerveux, sec, avec des bruits de vieux 33T poussièreux, presque crasseux. D’autres instrumentaux colorent cet album original, comme l’électrique et citadin “Recado para io Lobato”.
Who can say which way” chanté en anglais est enthousiaste, d’une combinaison de sons  subtile et entrainante.  “Night-time in the backyard” et “Ripple of the water” mettent l’accent sur la voix. Si ce n’était l’arrangement, on aurait l’impression que Santtana est dans le pré nous sussurant une ballade intimiste.
Cira, Regina e Nana” et “Amor em Jacuma” sont plus brésiliens : en portugais et avec une cadence plus bossa, tandis que “I Can’t Live Far From My Music” est davantage rock avec une doublage de la voix intéressant.

Sûr qu’en Live acoustique, Sattana aura des difficultés à reproduire toute cette atmosphère.  DM

"Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?"

(Disponibilité de ce CD)

RENDEZ-VOUS DU DISCOBUS 4 : L’histoire des musiques électroniques et du sampling (suite)

Theremin, Ondes Martenot, Pierre Schaeffer, le Moog et la Jungle : petite histoire illustrée des musiques électroniques… vaste panorama, que Jacques Ledune, médiathécaire et animateur à la Médiathèque, a esquissé en 1h15, avec sa bonhomie et son érudition coutumières, devant un public de musiciens en herbe manifestement  passionnés par le sujet.

La Petite Histoire Illustrée des Musiques Electroniques et du Sampling- dans le cadre de Book & Roll, en partenariat avec la Bibliothèque de Malmedy, a été racontée ce jeudi 17 novembre 2011 à l’Académie de Musique de Malmedy.

Vous n’y étiez pas ? Ne manquez pas le prochain RDV du Discobus 4 :

Cinéma Belge, Belgische Film, une conférence ludique et apéritive

Par Michel Verbeek, le dimanche 4 décembre à 11h, dans le discobus, à Huy   ML

APPARAT “The Devil's Walk”

Mute Records, 2011

ROCK ELECTRO POP

XA630H  (Disponible au Discobus)

Sacha Ring explore une musique électronique minimaliste et intuitive. Ses dons de compositeur lui ouvrent des voies syncopées de mix emballées d’acoustique et d’ambiance vocale très personnelle et envoûtante.

Compagnon de route d’Ellen Allien, son métier de producteur lui apporte ce petit plus d’images sonores maîtrisées et parfaites. Malicieuses et mélancoliques, ses formes musicales l’emportent vers une pop expérimentale très agréable et prenante. L’atmosphère conceptuelle le place hors norme électro, davantage partagé dans l’expressionisme de ses créations et de ses écritures. Sans s’échapper du sampling propre au DJ, il parcourt son univers avec des apports bruitistes et mélodieux, où d’autres se contenteraient de beats et lignes de basse éculées, surexploitées et limite redondantes.

Sans se perdre, sa construction d’album ferait pâlir d’envie énormément de productions dites alternatives, respectant une feuille de route d’une efficacité numérique parfaite. Sans manipulation extravagante, Sacha déroule au fil des plages un nouvel album plus envoûtant, d’une accessibilité déconcertante, une maîtrise à partager. YO

(Disponibilité de ce CD)

 

Apparat_The Devil’s Walk discobus4