Denis VILLENEUVE « Incendies »

Cinéart, 2010

CINEMA,,, DRAME

VI0282 (Disponible au Discobus 4)

avec Lubna AZABAL, Melissa DESORMEAUX-POULIN, Maxim GAUDETTE

A la mort de leur mère Mawal, Jeanne et Simon se voient remettre deux enveloppes : une destinée à leur père qu’ils croyaient pourtant mort, une destinée à leur frère dont ils ignoraient l’existence. Ils partent donc à la découverte de l’histoire de leur mère, de son pays d’origine. Un pays du Proche-Orient jamais explicitement nommé, qui pourrait être le Liban, l’Irak ou la Palestine, peu importe, mais un pays où sévit la guerre. Ils y découvrent par petites touches et images choc l’histoire de leur mère et tous les « incendies »  qu’elle y a subis, et jusqu’à quels actes et à quelle absurdité l’homme pouvait être conduit.

Il en sort un film dur, éprouvant mais aussi empreint de pardon et d’espoir dans la vie. Un film porté par une actrice belge, Lubna Azabal, époustouflante, et Mélissa Désormeaux-Poulin, sensible et juste. JCP

(Disponibilité de ce DVD)

Isabel COIXET "The Secret Life Of Words"

Videodis, 2005
Espagne
VO AN st.FR. ..Durée :115′

CINEMA   DRAME

VS0317 (disponible au Discobus 4)

Il y a quelque temps, Françoise, une de nos sympathiques membres du discobus, m’a fait part de son intérêt pour la réalisatrice espagnole Isabel Coixet. N’ayant vu aucun film d’elle, je me suis décidé de prendre un film déjà un peu ancien (2005), qui se trouvait dans notre réserve : The Secret Life Of Words.

D’entrée, je l’en remercie, j’ai vraiment été captivé par ce film. Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance. En lisant le résumé au dos de la jaquette, il semblait que la majeure partie du film se déroulait sur une plate-forme pétrolière, on pouvait craindre une certaine lenteur, voire un certain ennui. Et bien pas du tout !Secret Life Of Word discobus 4

Hanna (Sarah Polley), une infirmière étrange, solitaire et renfermée, doit s’occuper de Joseph (Tim Robbins), partiellement brûlé et temporairement aveugle. Au fil des jours, l’un et l’autre vont se livrer, se découvrir et permettre de cicatriser leurs blessures internes.

Isabel Coixet aborde des sujets qui lui sont chers comme l’amour, les relations humaines et la difficulté de communiquer…des sujets que l’on retrouve dans ses autres films : Ma Vie Sans Moi (VM0097)de 2003, et Elegy (VE0308) de 2008.

Une cinéaste que je vous recommande de découvrir à votre tour, si cela n’est déjà fait.
N’hésitez donc pas non plus à nous faire part de vos coups de coeur.   JCP

Charlie KAUFMAN "SYNECDOCHE, NEW YORK"

TF1, 2008
Etats-Unis
VO  st.FR. Durée :124′

CINEMA Drame

VS0963 (disponible au Discobus 4)

Ce n’est peut-être pas pour sa réalisation somme toute honorable que l’on retiendra le premier film de Charlie Kaufman derrière la caméra mais encore et toujours pour son art de trousser un scénario aussi foisonnant et alambiqué que savoureux.

Servi par un Philip Seymour Hoffman magnifiquement caméléon et une flopée de seconds rôles tout aussi épatants, Synecdoche New-York nous entraîne dans l’esprit troublé d ‘un metteur en scène de théatre en pleine recherche créative alors que sa vie familiale lui échappe. Et le talent de Charlie Kaufman de faire le reste. Cette capacité à laisser le réalisme de la trame narrative s’infléchir au gré des névroses de son personnage.

Dans ce qui démarre comme une comédie new-yorkaise presque conventionnelle, surgit petit à petit l’incongru; avant que le récit ne bascule. L’histoire se met alors à tourbillonner et l’on retrouve la patte si particulière du scénariste de « Dans la peau de John Malkovitch », « Human Nature » et « Eternal Sunshine Of The Spotless Mind »: jeu de mises en abîmes successives, temporalité plus que souple, fantasmagorie assumée… Le film tourbillonne entre drame psychologique et comique de situation décalé.

De quoi décontenancer. Hué par certains, adulé par d’autres, le film ne laisse pas insensible. Cette quasi-partition du film en deux univers distincts, deux « cinémas » juxtaposés et quelques scories liées à une première réalisation l’ont sans doute desservi. Mais une telle originalité ne peut que réjouir dans un paysage cinématographique américain de plus en plus aseptisé.

Le bonheur d’un tel film est dans la confiance accordée à son spectateur, laissant celui-ci libre de son degré de lecture, de vivre un tel film à sa façon, entre songe et métaphysique. L’intrigue est au centre, mais, comme le faisait remarquer l’écrivain Pascal Quignard : «l’intrigue n’est ni dans l’oeuvre ni dans le lecteur, […]comme une sensation n’est ni dans le senti ni dans le sentant: elle est leur oeuvre commune ». A chacun donc sa découverte.  PL

(Disponibilité de ce DVD)

Lukas MOODYSSON : "MAMMOTH"

A FILM, 2009
Suède, Danemark, Allemagne.
VO  st.FR. Durée :125′

CINEMA Drame

VM2308 (disponible au Discobus 4)

Lukas MoodyssonVoici un très beau film qui, sans doute, ne vous laissera pas insensible.

D’abord, le cadre est posé : une famille américaine, aisée. Leo, le mari est créateur d’un site de jeux et Ellen, sa femme est chirurgienne urgentiste. À la maison, une délicieuse petite Jackie et Gloria, sa nounou philippine occupent leur temps par des visites, des histoires, des lectures.

Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et puis, non, en fait, rien ne va ! Chaque personnage du film va subir une épreuve qui va le fragiliser, le détruire, le re-construire…

Au fur et à mesure du film, les protagonistes sont confrontés à eux-mêmes. En Thaïlande, Leo découvre  son côté sombre auprès d’une prostituée. À l’hôpital, Ellen prend à cœur la guérison d’un jeune garçon blessé par sa mère, tandis qu’à la maison, Jackie, sa propre fille, s’éloigne d’elle au profit de Gloria.

Gloria, elle, joue la parfaite gouvernante pour faire vivre ses deux garçons restés aux Philippines. Mais ils lui manquent tellement. Et tout bascule quand elle apprend qu’un de ses fils est blessé…

Chacun est confronté à une situation qui ne le laissera plus jamais entier.

Les acteurs jouent avec conviction et talent une histoire sensible et subtile où les clichés représentant le couple soudé, aisé et actif  éclatent en mille petites images de vie.

J’ai aimé ces personnages attachants qui s’évertuent à survivre : Gloria, la domestique, tiraillée entre le pays où elle travaille et ses racines ; la jeune prostituée thaï qui espère un amour durable avec un Américain ; Ellen qui se tue au boulot et tente de sauver ses patients ; le fils aîné de Gloria qui veut ramener sa mère à la maison ; Leo qui s’ennuie dans un monde loin du sien…

…..Enfin, le réalisateur a eu le goût et l’intelligence de garder la langue d’origine des personnages : les Américains parlent anglais, les Philippins en tagalog et les Thaïlandais en thaï. Le film est donc sous-titré..

Courrez emprunter ce film qui vous laissera plein d’images. Plein de questions aussi. DM

Lire aussi la critique de Victoria Cora

(Disponibilité de ce DVD)