Cathy JORDAN « All The Way Home »

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Blix Street, 2012

MUSIQUE DU MONDE  IRLANDE

MR4935 (Disponible au Discobus 4)

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Beaucoup de groupes irlandais rivalisent de talent, d’énergie ou de sensibilité. Parmi ceux-ci, le groupe Dervish est très représentatif de la musique irlandaise traditionnelle, un ensemble de cinq musiciens talentueux, engagés, qui connaissent rapidement le succès depuis les années 90 et enthousiasment leur public, en grande partie grâce à leur chanteuse Cathy Jordan. En 2007, ils participent au concours Eurovision de la chanson, où ils se placent, hélas, … en dernière position. Ce qui peut signifier aussi un gage de qualité !

Pour son premier album solo, Cathy a préféré une instrumentation discrète pour mettre en avant sa belle voix, mesurée et feutrée, comme dans le poème In Curraghroe, mis en musique avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse.  Elle chante ses racines et son pays avec une voix qui dispense une confiance tranquille et naturelle, avec peu d’ornements vocaux mais avec justesse et maturité.

À côté des langoureux The Lark In The Clear Air et The Banks of the Foyle, on retiendra le traditionnel The Hold Fenian Men, mélodieux et aérien. Ou Ould Ballymore, une ballade allègre qui raconte l’histoire d’un homme qui pense avoir rencontré la fille de ses rêves mais qui s’avère mariée et mère de six enfants…

Deux instrumentaux permettent la respiration parmi les traditionnels et les compositions, dans un album teinté de quiétude. Excellent pour une soirée hivernale à la maison, près de l’âtre.  DM

(Disponibilité de ce CD)

T WITH THE MAGGIES « T With The Maggies »

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MUSIQUE DU MONDE IRLANDE

TWM Music, 2011

MR9719 (Disponible au Discobus 4)

Si vous êtes coutumiers du gaélique, vous n’aurez aucune difficulté à prononcer à voix haute et en public le nom de ces quatre chanteuses qui composent T With The Maggies : Moya Brennan, Mairéad Ní Mhaonaigh, Tríona Ní Dhomhnaill et Maighread Ní Dhomhnaill (*)

Moya Brennan (anciennement appelé Maire Brennan) n’est autre que la chanteuse de Clannad, un groupe folk – new age qui eut son heure de gloire dans les années 80. D’une voix douce et grave, elle lance son chant par vagues, comme un son qui apparait en douceur et se termine en s’atténuant graduellement.

Mairéad Ní Mhaonaigh est à la fois chanteuse et violoniste. Avec feu son mari, elle a créé Altan, un groupe très connu qui interprète les musiques et chants traditionnels de son voisinage et de son comté.

Quant à Triona et Maighread Ní Dhomhnaill, elles sont sœurs. Et tant avec leurs anciens groupes Skara Brae et Bothy Band qu’en solo ou à deux, elles chantent des airs traditionnels collectés dans leur comté.

Lors d’un concert d’hommage à leur frère, en 2007, les deux sœurs furent rejointes par leurs amies Moya et Mairéad. C’est ainsi qu’est née l’idée de composer un groupe à quatre, reprenant les airs du comté de Donegal.

Et bien leur en prit car l’association des voix est une franche réussite. Les harmonies sont subtiles, le chant est souvent à l’unisson, parfois se répétant en écho (Bíodh Orm Anocht). Elles alternent les titres où se distingue l’une ou l’autre, et ceux où elles chantent ensemble.

Leur album débute par un hymne légèrement sautillant. Puis on passe à du nostalgique (Domhnach na Fola). Le reste de l’album propose à la fois des chants légers et calmes et des ballades rythmées mais toujours tendres, accompagnés aux violons, au piano, au djembe, à la harpe ou à l’accordéon.

Les divas du Donegal ont commis un excellent premier album, un peu anesthésiant à la longue, mais délicat et raffiné. DM

(Disponibilité de ce CD)

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(*) Pour les plus forts, on peut aussi ajouter la participation de Maire Ni Mhaolmhichil ainsi que de Cumann Thir Chonaill Baile Atha Cliath.

Maria BETHÂNIA « Oasis de Bethânia »

Sarapui, 2011

MUSIQUE DU MONDE BRESIL

MH2327 (Disponible au Discobus 4)

Maria Bethânia est une emblême au Brésil, voyageant entre tropicalisme et chanson populaire romantique. Soeur de Gaetano Velloso, elle a sorti un nombre impressionnant d’albums, quasiment un par an depuis le début de sa carrière musicale.

Oasis est un album de repos et de tranquilité, acoustique, empreint de douce cadence et de ballades délicates.

Alors qu’elle pouvait impressionner par sa force vocale, Maria Bethânia reste ici dans la retenue et l’intime. Sa voix nuancée et tendre interprète avec maturité les textes de nombreux compositeurs comme Chico Buarque, Djavan ou son neveu Jota Velloso. Des textes qui abordent la séparation amoureuse, le travail, la vie, le bonheur, la tristesse aussi

Lenine y vient même jouer un peu de guitare.

Vive est suave, presque sucré. Salmo ou Casablanca sont teintés de jazz. Ma préférence va pourtant vers Lagrima,délicat et mélodieux.

Calmaria/Não sei quantas almas tenho et surtout Carta de amor oscillent entre le chant et l’interprétation parlée de texte. Ce dernier morceau, assez difficile et long de plus de sept minutes, évoque sa ville de Bahia et reste le plus personnel de tout l’album.

À soixante-sept ans et plus rien à prouver, Maria Bethânia demeure, avec cet album intimiste, une interprète profonde et intemporelle. DM

(Disponibilité de ce CD)

 

Rufus WAINWRIGHT « Out Of The Game »

Decca, 2012

ROCK

XW017I (Disponible au Discobus 4)

Le label Decca Records, créé en 1929, s’est distingué par le passé en refusant un contrat aux petits jeunes débutants de l’époque: les Beatles. Bien décidé à faire oublier l’erreur d’aiguillage, ils se sont empressés de signer les Rolling Stones et les Who. La passion plus actuelle de la maison se retrouve dans la réédition des enregistrements Philips et la signature avec des artistes reconnus.

Dernière livraison en date, le nouvel album de Rufus Wainwright, dans une version kitsch au look seventies. Sa voix de dandy, douce et soyeuse, domine une réalisation entièrement cernée par une profusion de cordes et de trompettes du paradis. Une nuée de nymphettes donne le souffle au chœur. Soul et pop, ce nouvel apport renvoie souvent l’image du fantasme mélo-dramatique.

A la production, on retrouve la figure emblématique de Mark Ronson. Le producteur Dj guitariste imprime sa marque de fabrique à l’ensemble. L’artiste, récompensé notamment aux British Awards, déploie tout son savoir faire dans l’accompagnement de Wainwright. Ronson s’est forgé un CV assez conséquent ces dernières années. On peut citer quelques singles à son actif : ceux de Amy Winehouse, Lily Allen, Kaiser Chiefs, Adele. YO

(Disponibilité de ce CD)

 

ALTAN « The Poison Glen »

Compass Records, 2012

MUSIQUE DU MONDE    IRLANDE

MR0484 (Disponible au Discobus 4)

Disons-le de suite, Altan ressemble à beaucoup d’autres groupes traditionnels irlandais : alternance des chansons et des airs de danse, utilisation subtile des instruments traditionnels (violons, flûtes, guitares, accordéon, bouzouki et bodhran) et thèmes portant sur les histoires d’amour ou l’attachement au pays.

Mais ce n’est pas parce que les bons vins ont des similarités qu’ils sont tous les mêmes. Altan a un gout d’Irlande du Nord-Ouest où les hommes se sont installés il y a neuf mille ans, une saveur gaélique baignée de l’air maritime de l’Atlantique et des versants du Mont Errigal.

Ce n’est qu’après six ans d’âge que l’Altan nouveau est arrivé, riche en jigs, reels, highlands, capiteux si l’on y danse, l’on y danse (The Ardara Girls/The Backdoor Highlands… s’accélère jusqu’à l’ivresse)

Les cinq chansons nous semblent plus proches et directes grâce à une production privilégiant la voix de la chanteuse Mairéad Ni Mhaonaigh. Chacune raconte une histoire d’amour.

Seolta Geala, écrite par le père de la chanteuse, est une belle mélodie, accompagnée avec subtilité par le reste du groupe, appelant à prendre la haute mer à bord d’un voilier, en laissant les malheurs de la terre ferme derrière soi. Du moelleux, donc !

Plus acide, The Lily Of The West fait tourner la tête au pauvre malheureux éperdu d’amour, trompé par sa douce amie et qui se venge sur le nouveau prétendant. « Comme j’étais fou de désespoir, mon poignard a percé sa poitrine. J’ai été trahi par Marie, la fleur de lys de l’Ouest ». Beaucoup d’amertume !

Cailin Deas Cruite na mBo sent la chanson d’amour très ancienne. Le poète tombe amoureux d’une jolie fille qui trait sa vache noire et décrit comment sa vie serait sans cette beauté. Du fin, du profond, du suave !

Un album qu’on peut laisser un peu décanter et ensuite déguster comme un bon vin.

Même si on boit de la bière en Irlande ! DM

(Disponibilité de ce CD)

Thierry ROMANENS « Le Doigt »

Muve Recordings, 2006

CHANSON FRANÇAISE

NR6199  (Disponible au Discobus 4)

Quel dommage que ce CD soit si peu souvent emprunté, mais il est vrai que peu de gens en Belgique connaissent ce chanteur suisse. Et pourtant, quelle finesse dans l’écriture, et quelle poésie. Il navigue entre la douceur et les coups durs de la vie, c’est léger et grave à la fois. La musique, elle aussi, est tantôt légère, tantôt plus rock. Il faut dire qu’avec un Sarcloret comme compatriote, il ne pouvait qu’être bien inspiré. Sarcloret lui écrit d’ailleurs deux textes dans cet opus (La planète, Le coup de massue). On trouve aussi deux textes de Kent (L’agence du bon temps, Quelqu’un qui nous aime). Tous ces textes traitent, avec humour et sérieux, de la vie et des choses qui ne tournent pas rond sur notre belle planète. Thierry Romanens, en bon acteur de théâtre, a une voix chaude et bien posée, qui me fait penser parfois à celle de Romain Didier, mais aussi une énergie très communicative.

Alors si vous ne le connaissez pas encore,je vous invite à le découvrir rapidement. Cet album-ci est très abouti et abordable.

Et si vous voulez approfondir la connaissance de ce chanteur n’hésitez pas à écouter aussi ses autres albums. JCP

(Disponibilité de ce CD)

NR6197

Le sens idéal,  2000

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NR6198

Les saisons du paradis,  2004

NR6700

Je m’appelle Romanens, 2010

Jack WHITE « Blunderbuss »

XL Recordings, 2012

ROCK BLUES ROCK / GARAGE (ROCK)

XW467A (Disponible au Discobus 4)

Premier album du Jack aux guitares pourries en plastique, premier si on considère les White Stripes comme étant un groupe.

Edward aux doigts de fée change de guitare pour un son plus propre qui conserve cette marque de fabrique unique en son genre. Sans passer de grandes couches de vernis sur ses productions, l’énigmatique arrive à nouveau à subjuguer tout son monde par une création plus nette, plus mélodique, moins taillée au couteau.

Coutumier du brut et bien éloigné du guitar hero shoegaze aux multiples effets qui nécessitent un camion de matos, il n’a pas son égal pour exploiter les sons de guitare.

Son opus solo s’articule autour d’un piano de Far West bien accordé et aux sonorités claires. L’emballage se veut gentil, bien poli, agréable à offrir. Effet de mûrissement, l’ensemble est plus posé, mélodique. White semble plus vulnérable et s’abandonne dans la douceur des chœurs féminins.

L’art du changement sans se métamorphoser a guidé l’écriture du futur point de repère dans l’histoire du rock. YO

(Disponibilité de ce CD)