LOS VAN VAN « La Maquinaria »

Egrem, 2011

MUSIQUE DU MONDE CUBA

ME5216 (Disponible au Discobus 4)

los_van_van_la_maquinaria discobus4Los Van Van, groupe phare depuis 1969, est de retour avec un album qui nous rapporte la chaleur et la danse. Avec La Maquinaria, le ‘vieux’ Juan Formell et son groupe restent dans le registre qui a fait les belles années de la musique cubaine : le ‘son’, le style musical par excellence de Cuba, et le ‘songo’, que le percussionniste de Los Van Van a lui-même développé dans les années 70. Congas et percussions dans des rythmes syncopés, caisse à contretemps, cuivres par saccade, jeu caractéristique de basse et de piano portent le chant vigoureux et le chœur qui lui répond.

Les danseurs seront ravis par les reprises remises au gout du jour et assez cadencées. Le tempo de Recibeme invite au déhanchement sensuel et se prolonge au milieu des cuivres pour s’achever graduellement. Final nous transporte dans une ambiance complètement festive, excitée et tourbillonnante.

Plusieurs chanteurs se relaient dans cette grande formation. La surprise vient éventuellement de Yenisel Valdès, la voix féminine. Elle se fond dans l’ambiance de balancement et place sa jolie voix, avec maitrise et aisance, surtout dans Que tiene ese guajiro que.

Grosse machinerie (La Maquinaria) pour ce nouvel opus qui opère un retour aux sources et se veut un condensé de la carrière de Los Van Van. DM

(Disponibilité de ce CD)

DURIF – CHAMPEVAL « Dans les rochers du Viallanex »

Cinq Planètes, 2012

MUSIQUE DU MONDE.. FRANCE ..CENTRE

MP4710 (Disponible au Discobus 4)

durif_champeval_dans_les_rochers_du_viallaneix discobus4Longtemps, la tradition musicale française a été reprise, transformée, électrifiée, fusionnée aux musiques du reste du monde, réinventée maintes fois, galvaudée, ridiculisée aussi, jouée par des puristes, des folkeux ou des rockers. Et quand la tradition a disparu des campagnes, quand le folk s’est essoufflé dès les années 80, il a fallu recréer une musique qui s’en inspirait, plus attachée à ses interprètes et plus personnelle.

Marqués par la pratique des anciens violonneux du Massif Central, Olivier Durif et Jean-Pierre Champeval unissent leurs cordes pour nous transmettre la fraîcheur de leurs sons, des airs traditionnels vivants, ré-oxygénés, sans viser la reproduction, mais plutôt un habile mélange de sonorités que leur achet a éveillées.

L’album ouvre son univers avec Le sorcier de Chadebech, bourrée du Mardi-Gras, qui résonne comme un traditionnel suédois, dessinant les grands espaces du centre de la France. Un instrumental ensorcelant et enveloppant, certainement grâce aux sonorités particulières ajoutées par Laurent Rousseau : gravier à béton, capteur dentaire, gong agricole, …

Le duo réitère cette polyphonie obsédante marquée par des « salves d’archets au tempérament fougueux » (Doum Doum, Los Faures,… et Transhumance). Ils ménagent toutefois quelques pauses originales, a capella ou sifflées.

La danse reste présente au fil des titres : bourrées, valses, scottishes, marches rythment le jeu polyphonique de ces cordes frottées. Mais la danse n’est pas l’argument principal de ces enregistrements ; la musicalité prime.

On peut bien sûr écouter l’album d’une traite, sans déglutir. Mais gare à l’indigestion de cordes. Trop de violons peut nuire à l’enchantement. Préférons la dégustation. A petites doses. Pour mieux nous en imprégner. DM

(Disponibilité de ce CD)

CASTANHA E VINOVEL « Castanha é Vinovèl »

Castanha é Vinovel, 2009 

MUSIQUE DU MONDE FRANCE OCCITANIE

MP4710 (Disponible sur demande)

Le bonheur, c’est le plaisir sans remords (Socrate)

Dans le Biterrois, la région du Sud Ouest de la France autour de la ville de Béziers, on est connu pour son vin et son plaisir de vivre. Certainement est-ce pour cette raison que ces deux musiciens se sont appelés Castanha é Vinovèl (Châtaigne et Vin nouveau).

Jean-Brice Viétri (Castanha) joue de la vielle à roue tandis qu’Alain Beurrier (Vinovèl) joue de l’accordéon chromatique.

Leur album présente une série de danses toutes aussi gaies et plaisantes les unes que les autres. C’est la bonne humeur qui prime ici, la vie simple et authentique, où, après une journée de travail, on laisse les musiciens nous faire danser, tourner, sautiller, dans les bras d’une brave fille ou d’un chouette gars, et nous emmener boire un verre et manger à la bonne franquette.

Tous les airs à danser sont en occitan, cette langue qui chante si agréablement à nos oreilles. Scottish, mazurka, bourrée, polka, rondeau, branle, cercle circassien, farandole, tout est voué au bal. Et pour ceux qui ignorent les pas, ils se produisent avec Lucette qui initie le néophyte.

La musicalité de leur répertoire occitan se remarque dès les premières notes, on se prend à fredonner quelque chose qui ressemble à « lève la couette » dans Venetz joinetas  ou « la crème à la vanilha » dans La paura filha.
A l’ombreta ressemble à la chanson enfantine C’est Gugus avec son violon. Il nous manque juste les paroles pour les accompagner lors des veillées.

Populaires et d’une écoute facile, ces rengaines dansantes pourront animer vos bals folks, ou tout simplement vous égayer un bon moment. DM

(Disponibilité de ce CD)

LOS MITICOS DEL RITMO « Los Miticos Del Ritmo »

Soundway Records, 2012

MUSIQUE DU MONDE  ..COLOMBIE

MI5528 (Disponible au Discobus 4)

Paru d’abord en vinyle, Los Miticos Del Ritmo est le projet de Will « Quantic » Holland, DJ, producteur et musicien anglais, vivant en Colombie depuis 2007.

Toujours partant pour mélanger l’électronique aux sons latinos, il délaisse ses outils modernes pour revenir à de la pure cumbia, dosée, concentrée, reniflée et dansée (la Cumbia n’est pas la drogue du coin, mais la danse et le style musical colombiens).

Une production plus proche des origines, brute, enregistrée à la maison, dans le style des années soixante, en analogique et sur un 4 pistes : « L’idée était d’enregistrer quelque chose qui ressemblait à un album classique de cumbia, qu’on aurait retrouvé dans un sous-sol après des décennies dans l’humidité et la poussière. »

Pari réussi : onze instrumentaux où Will Holland joue de l’accordéon, accompagné par la clarinette (La Libanesa), la basse, le saxo et toute une volée de percussions endiablées (Fabiola).

Un hommage à la cumbia, frais, presque authentique, avec quelques surprises, dont Another One Bites The Dust de Queen ou Don’t Stop ’til You Get Enough de Michael Jackson.  DM

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HAVELANGE « Les habits du dimanche »

Bémol Productions, 2011

MUSIQUE DU MONDE BELGIQUE

MN4644 (Disponible au Discobus 4)

Havelange n’est pas seulement le beau village que nous traversons avec le discobus 4. C’est un trio instrumental composé de Marinette Bonnert à l’accordéon diatonique, de Gabriel Lenoir au violon et de Julien Biget au bouzouki. Trois excellents musiciens qui ont effectué un travail de musicologues pour collecter les manuscrits wallons anciens et leur donner une nouvelle vie, pleine de fraîcheur, tout en les jouant avec justesse et entrain. Ils ont choisi ce nom « en souvenir du danseur Marcel Havelange de Hey, qui aimait aller faire la fête dans tous les villages environnants, et même montrer aux autres danseurs que les pas de son village étaient les plus beaux »

La musique traditionnelle wallonne est encore trop peu connue. On peut l’entendre quelquefois dans les bals folk, lors des rares festivals de musique traditionnelle ou dans les stages de danse folklorique. Et si on peut encore trouver des 33 tours qui mettent en musique notre Wallonie dans les années 70, il devient difficile de trouver un bon CD de musique traditionnelle à danser de nos jours.

Dès la première « maclote » (danse ardennaise), le bouzouki imprime le rythme. Le violon, rejoint par l’accordéon diatonique, nous invite à sautiller. La prédominance du violon s’inscrit bien dans la tradition wallonne : l’accordéon n’apparut que bien plus tard.

Une autre maclotte jouée en mode mineur, nous fait danser sur une douce mélodie un peu mélancolique (« Vieille matelote »).

On reconnaîtra dans la « Contredanse N°54 », un air traditionnel qui évoque le générique de l’émission Télétourisme. Et si celle qui la suit est moins connue, elle n’en est que davantage dansante, endiablée et enthousiasmante.

Après avoir entraîné votre ami(e) dans la « Polka », tirée du manuscrit de J.G. Houssa, vous devrez éponger votre front, tant le rythme est soutenu. Et si vous vous reposez lors des « Menuets » ou de la mélodieuse « Valse », ce ne sera que pour mieux rebondir dans l’ « Anglaise & sa suite « , un morceau qui se chante autant qu’il se danse.

Un album intemporel, raffiné, aussi dynamique qu’entraînant. DM

(Disponibilité de ce CD)

LA MACHINE « Les Couleurs »

L’Autre Distribution, 2011

MUSIQUE DU MONDE FRANCE

MP8359 (Disponible au Discobus 4)

Le Folk français n’est pas mort. Il suffit de voir çà et là les bals folk, les fest noz, les concerts traditionnels ou les stages de musique ou de danses pour s’en convaincre.

Issu du Centre de la France, le groupe « La Machine » n’est ni à la mode, ni poussiéreux. Sur des chansons ou des mélodies traditionnelles ou sur les compositions originales, les musiciens apportent ce petit plus qui fait la différence. La voix de Julien Barbances possède un timbre singulier et une douceur qu’il module comme un instrument. Sa cornemuse s’intègre avec harmonie dans l’ensemble – une production impeccable qui ne met en avant aucun instrument mais les intègre harmonieusement au service de la mélodie et de la danse.

La cornemuse n’est pas criarde comme dans certains bagads et la vielle n’est pas grinçante : tout se joue comme dans un vieux couple en paix, avec équilibre et maturité.

Ceci avec le soutien de la rythmique (contrebasse, percussions) qui apporte une couleur particulière aux danses et aux chansons.

Une grande partie des titres sont des danses : la superbe scottish « Haut les cœurs », la vive et créole « Mazurka des grand-mères » ou « Je t’apprendrai / Les tulipiers » une suite de bourrées mélodieuses et dansantes. Le reste offre de belles chansons comme « L’alouette et le Merlot », une élégante ritournelle enfantine en mode mineur, ou la superbe chanson d’amour « Aimer n’est pas un crime » (« Oh ma bergère nous sommes en danger de l’amour »)

Un album qui n’appartient pas aux seuls folkeux. À écouter et à danser ! DM

(Disponibilité de ce CD)

« The Rough Guide to SUFI MUSIC»

World Music Network, 2011

MUSIQUE DU MONDE  ..TURQUIE, SYRIE, PAKISTAN, INDE,
SENEGAL, BURKINA FASO, AFGHANISTAN, ALGERIE

MA0226 (Disponible au Discobus 4)

Le Soufisme est une recherche intérieure philosophique et religieuse (mystique) de l’Islam. Pour atteindre Allah, nous devons « pousser la porte du coeur humain, nous avons tous le paradis en nous, si nous savons où chercher. » (*).

Afin d’aider les croyants à se concentrer sur cette quête, la méditation, le chant, la danse et la musique ont été mis à l’honneur dès le début. La musique peut induire la transe qui permet cette recherche spirituelle.

Ce CD, comme tous ceux de la collection « Rough Guide », tente d’offrir un panorama des musiques sur ce thème. On se rend compte que la musique soufie n’est pas limitée à la Turquie, à Inde, au Pakistan, … mais s’étend aux pays africains comme le Sénégal, le Mali, l’Algérie.

L’album commence avec un extrait de ‘Zikr’, une évocation magique et envoûtante jouée au Ney (flûte) par Kudsi Erguner (Turquie), l’un des plus grands musiciens soufis.

Un autre moment fort est le morceau « Cheik Lo » étonnant de simplicité : une guitare grattée, un chant repris par un choeur.

On connaît aussi Nusrat Fateh Ali Khan, sans doute le plus célèbre chanteur soufi pakistanais, ici remixé sur un tempo électro-dub.

« Zikre Tu Chee Shireen Ast » du groupe Ahmad Sham Sufi Gawwali amène à la danse et à la transe. Écoutez-le, vous serez subjugué et l’envie de bouger vous prendra où que vous soyez. Ce n’est pas surprenant que les Talibans leur aient interdit de jouer !

J’ai adoré aussi « Manzil-e-Sufi » de Sanam Marvi, qui commence en douceur pour continuer sur des rythmes plus actuels.

Un CD de découvertes, un premier pas pour aborder l’immense répertoire des musiciens soufis. I-n-d-i-s-p-e-n-s-a-b-l-e ! DM

(en bonus : un CD   » Sufi Fakirs of Bengal » intéressant mais pas transcendant !)

(*) extrait du livret de ce CD

(Disponibilité de ce CD)