Lee HAZLEWOOD «Trouble Is A Lonesome Town»

ROUTE 66

ROCKSINGER SONGWRITER

OKLAHOMA : Etape d’Oklahoma City

XH328Q (Disponible au PointCulture mobile N° 1)

Lee+Hazlewood PointCulture mobile 1Barton Lee Hazlewood, compositeur de 300 chansons, naît en 1929 à Oklahoma City en plein déclin économique dû à la grande dépression. La ville se redresse pendant la seconde guerre mondiale par les efforts du New Deal et l’installation de la plus grande base militaire de l’armée de l’air. En 1958 se déroule le premier « Sit in » en faveur des droits civiques, une nouvelle formule de lutte. L’histoire récente restera marquée par l’attentat perpétré en 1995, qui fera 168 morts et plusieurs milliers de blessés.

Sa notoriété se construit autour de son caractère de bourru et d’emmerdeur du show-business. On peut parler de plusieurs vies musicales, étapes franchies pas-à-pas. Dans la liste non-exhaustive de ses activités, Lee sera tour à tour étudiant en médecine, batteur dans l’armée, Dj de la radio militaire en Corée. Une rencontre marquera ce premier chapitre : Duane Eddy, apprenti guitariste.

En 1955, il créera le label Vev, destiné à promouvoir les artistes locaux, il sera le premier à passer Elvis Presley en radio. On retrouvera collé à ses bottes un jeune Phil Spector, qui clamera haut et fort la filiation du son de guitare qui influencera la scène britannique : le Twang.

En 1966, notre ours rejoindra la clan Sinatra qui lui apportera le succès avec deux de ses meilleures écritures pour duo et aussi deux ou trois bricoles avec le « milieu »: These Boots Are Made for Walkin’, composé pour (et enregistré avec) Nancy Sinatra et Something Stupid, que la même Nancy partagera avec son papa crooner.

En 1995, le duo avec Nancy se reconstituera en Suède, pays d’accueil d’Hazlewood, où celui-ci concevra ensuite l’un de ses chefs d’œuvre : Cowboy in Sweden.

Madrugada, The Webb Brothers, Kid Loco, Jarvis Cocker, Lambshop, Calexico lui rendront hommage via un respectueux Total Lee (X 903U).

Âgé de 78 ans il partira emporté par le cancer dans la ville qui a forgé sa réputation.

Sa musique se composera de textes à double et même parfois à triple sens. Il sera l’auteur de compositions folk country. Véritables perles, les plages de ces albums seront une déclinaison de ballades parfaites dans l’expression de cet american way of life que représente le personnage mythique du cow-boy. YO

(Disponibilité de ce CD)

Glen CAMPBELL « Ghost On The Canvas »

ROUTE 66

MUSIQUE DU MONDE USA ..COUNTRY

NOUVEAU MEXIQUE : Étape d’Albuquerque

Membran, 2011

MB0036 (Disponible au Discobus 4)

Il est toujours triste d’apprendre qu’il s’agit du dernier album d’un artiste toujours vivant.

Ça laisse un goût de regrets anticipés, presqu’une nécrologie écrite avant l’heure. Et des questions aussi (S’il en avait fait un de plus, serait-ce un chef-d’oeuvre?)

Avec Ghost On The Canvas, Glen Campbell met fin à sa carrière. Et quelle carrière ! 76 ans, dont 50 comme chanteur country, guitariste, acteur et animateur de télévision, 70 albums, 4 Grammy Awards, un Golden Globe, son intronisation au Country Music Hall Of Fame, …

Alors, avant qu’Alzheimer n’emporte sa mémoire, Glen s’est entouré de collaborateurs de choix, comme Jakob Dylan (fils du Bob), Chris Isaak ou Bill Corgan (Smashing Pumpkins). Et il sort un album d’une production impeccable et à l’instrumentation délicate ; dix chansons mélodieuses mettent en avant sa voix étonnamment jeune et claire et se relient les unes aux autres par de courts instrumentaux un peu aériens.

Dès le premier titre, A Better Place, on entre dans la nostalgie et les souvenirs. Sur des arpèges à la guitare et une voix toujours assurée, les paroles tombent comme un couperet : « J’ai essayé, j’ai échoué… j’arrange le passé à ma façon … un meilleure place attend ».

La suite de l’album se veut tantôt plus énergique, passant de la pop au rock, tantôt plus tendre, comme l’agréable Hold On Hope.

Mais trois chansons harmonieuses et touchantes émergent vraiment. Ghost On The Canvas est une ballade country mélancolique et poigante (« Je connais un endroit entre la vie et la mort pour vous et moi… »). Any Trouble jouit d’une mélodie positive, qui évoque un peu celles de John Denver. Enfin, There’s No Me.. Without You est un bijou de tendresse et d’amour, une ballade ‘slow’ qui se prolonge avec un plaisir incroyable sur des solos alternés de guitares – on voudrait que ça dure encore vingt minutes de plus…

Avec Ghost On The Canvas, Glen Campbell tire sa révérence avec classe et émotion. DM

(Disponibilité de ce CD)

Jimmie Dale GILMORE « One Endless Night »

ROUTE 66

MUSIQUE DU MONDE USA ..COUNTRY

TEXAS : Étape d’Amarillo

Seule étape d’importance de la route 66 au Texas, Amarillo est une ville d’environ 200,000 habitants, proche du Canyon de Palo Duro (le deuxième aux USA après le Grand Canyon). Avec une économie orientée vers le commerce du bétail, le gaz, l’hélium et le pétrole, Amarillo n’est pas une ville pour les gens sensibles aux différences de température.

C’est là que naît en 1945 Jimmy Dale Gilmore. Il possède une belle voix de ténor, expressive à l’accent chantant, parfois un peu nasillarde. Influencé par Hank Williams et le honky-tonk, il fonde les « Flatlanders » dans les années 70, groupe qui sort un album malheureusement peu distribué.

En 1988, il revient à la musique et sort son premier album solo. Il continue toujours à jouer et à chanter, malgré son incursion dans le monde du cinéma (il joue dans The Big Lebowski).

Son style est proche du ‘Lubbock sound’, un peu rock avec des racines country (comme dans la chanson Peggy Sue).

Windcharger Music, 2000

MB4364 (Disponible sur demande)

One Endless Night est un album de country pourtant varié, passant des ballades assez carrées (Georgia Rose, No Lonesome Tune, Ripple) aux ballades plus pop voire rock’n’roll (le titre bonus du CD). Goodbye Old Missoula, tendre et douce, est sans doute la plus agréable ballade de l’album.

Outre ses propres compositions, il interprète les chansons de ses anciens musiciens ou des chanteurs « de son époque » et invite quelques chanteuses comme Emmylou Harris ou les Calloway Sisters.

On peut y trouver aussi une intéressante reprise de Mack The Knife, très lente et douce, intégrée dans la bande originale du film Un Prophète de Jacques Audiard. DM

En route pour la prochaine étape…

(Disponibilité de ce CD)

GREAT LAKE SWIMMERS « New Wild Everywhere »

Nettwerk, 2012

ROCK FOLK / POP / INDIE / AMERICANA

XG744Z (Disponible au Discobus 4)

Les nageurs du grand lac canadien nagent sur le dos. Cool et sans forcer. Les mélodies accrocheuses sont présentes. Les cordes, banjo et accordéon sont utilisés à bon escient pour donner cette impression de légèreté et de facilité d’écoute.

On ne peut parler de coup d’éclat après le très bon Lost Channels. Le problème du dos crawlé en eau libre est le manque de visibilité, la nécessité de regarder en arrière pour vérifier l’endroit que l’on veut rejoindre, un manque d’assurance. Le sentiment général est de cet ordre : on nage, on nage et on tourne en rond. On explore le folk, le country américain plus FM que Bayou, une pop qui permet de flotter en évitant les vagues.

Un manque d’inspiration ou un côté dilettante, en tout cas, plus un album de feux de camp que de feux de la rampe. YO

(Disponibilité de ce CD)

Hommage à DOC WATSON

.MUSIQUE DU MONDE   USA

Avec Woody Guthrie, Pete Seeger et Bob Dylan, Doc Watson est une figure emblématique de la musique folk des USA.

Né en 1923 dans les montagnes des Appalaches aux États-Unis, Arthel Lane Watson perd la vue alors qu’il n’a que quelques mois. Il montre rapidement son intérêt et ses dons pour le chant et la guitare et, à dix-huit ans, il est déjà un pro de la guitare. Lors d’un enregistrement en public, un des spectateurs le surnomme « Doc », se référant probablement au Dr Watson (acolyte de Sherlock Holmes). Ce surnom lui est resté.

Dans les années soixante, il se consacre uniquement à la guitare acoustique et au banjo.

Il joue dans le style bluegrass, une musique country rythmée jouée au banjo, à la guitare acoustique, à la mandoline, à la contrebasse et au violon. Doc Watson joue avec un médiator (onglet) dans une technique (flat-picking) requérant beaucoup de travail et d’agilité des doigts et de la main. Sur sa musique, il y pose une voix chaude et grave, pleine d’humanité.

Il sort quelques disques qui font vite sa renommée (comme l’album Doc Watson en 1964) et associe son fils Merle à ses productions. Ils jouent en duo, puis, dans les années septante, en trio avec T. Michael Coleman à la basse. À trois, ils enregistrent plus de quinze albums, jusqu’au décès de Merle, en 1985, dans un accident de tracteur.

La popularité de Doc Watson ne faiblit jamais et il reçoit beaucoup de distinctions et de Grammy Awards tout au long de sa carrière musicale.

Il est mort ce 29 mai 2012, à 89 ans, des suites d’une opération au colon.

Nous lui rendons hommage au discobus 4 avec plusieurs CD, en solo ou avec son fils. DM

(Discographie de Doc Watson)

WOVEN HAND «Live At Roepaen »

Glitterhouse Records, 2012. Enregistrement 2010

ROCK ALTERNATIVE COUNTRY

XW937Y (Disponible au Discobus 4)

Du grand art dans un espace hallucinant. L’activité musicale de David Eugene Edwards se résume aux reprises acoustiques de ces moments forts.

Voici que sort « Live At Roepaen », un concert enregistré à Ottersum, Pays-Bas. Une perle de finger-picking, d’orchestration portée au paroxysme de l’expression de la beauté et de la noirceur de ces compositions. On s’attend à tout moment à percevoir les esprits du folk primitif, génies prêts à s’échapper et à s’exprimer dans ces interprétations d’une sublime beauté. On ne peut qu’imaginer les fantômes insufflant aux artistes les délicates caresses à porter sur les instruments, pousser la voix de David Eugene Edwards, cherchant la rédemption, une rédemption pleine d’histoires sombres et violentes.

La communion des membres du groupe semble inébranlable. L’expérience partagée conduit l’auditeur dans un folk chamanique d’une densité assez exceptionnelle.

A l’écoute, on ne peut qu’exprimer un profond regret de ne pas avoir été convié à la performance. Seule matérialité qui peut consoler, l’enregistrement sur DVD de cette forme de messe. YO

(Disponibilité de ce CD)

Woven Hand  « Speaking Hands »

THE INFAMOUS STRINGDUSTERS « Silver Sky »

Sugar Hill Records, 2010

MUSIQUE DU MONDE    USA BLUEGRASS

MB61.. (Prochainement au Discobus 4)

Il n’y a apparemment pas de lien entre le bluegrass et le hip hop. Pourtant Silver Sky a été produit grâce à l’aide de Billy Hume (David Banner, Nas). Certainement la raison qui lui donne un ton si énergique et si entraînant.

Plus encore que sur leur excellent album studio précédent Things That Fly, les musiciens virtuoses donnent de la pèche à des ballades où les instruments se répondent, s’entremêlent, s’adonnent à des solos successifs, seulement interrompus par des voix qui se combinent en accords parfaits.

The Hitchiker et Like I Do ont un schéma assez identique : après le thème chanté (couplet, refrain), un pont vient casser le rythme : un solo de dobro qui démarre sur le rythme obsédant du violon. Enfin, le thème nous revient dans la dernière minute.

La musique suggère la randonnée à cheval (Don’t Mean Nothin’), qui passe au galop (When the Night Comes Around), s’envole comme des Rockets vers la lune (une reprise bluegrass-reggae de Walking On The Moon de Police – originale mais dispensable).

Un instrumental vient nous aider à reprendre notre souffle au milieu de cet opus. On aurait plutôt aimé une ballade douce …

dobro

Un bluegrass de mecs, rythmé et  nerveux.  DM

(Disponibilité de ce CD)