CURUMIN « Arrocha »

Six Degrees, 2012

MUSIQUE DU MONDE BRESIL

MH4362  (Disponible au Discobus 4)

curumin_arrocha discobus4Il est fini le temps des bossas novas douces et des sambas endiablées pour la jeunesse de Sao Paulo. Tant pis pour l’image carte-postale du Brésil. Les musiciens actuels bricolent l’électronique dans des garages ou dans des studios de fortune peu éloignés des anciennes favelas.

Pur produit du métissage brésilien (il est d’ailleurs d’origine hispano-japonaise), Curumin est tombé tout petit dans la musique. Il forme, à huit ans, son premier groupe de rock avec des pots et des casseroles. Puis s’ensuivent différents groupes dans lesquels il joue de la batterie ou du piano. Repéré par Herbie Hancock et par le groupe hip-hop américain Blackalicious, il fait partie maintenant de la nouvelle génération de musiciens brésiliens, comme Lucas Santtana, Gui Amabis, Rodrigo Campos, Siba,… Il se fait connaître dans le monde entier grâce à l’une de ses chansons, utilisée dans une publicité pour Nike en 2006 et par une autre chanson présente sur le jeu Fifa Street 2. Sa musique mêle habilement la samba, le hip-hop, la musique populaire brésilienne (MPB), le funk et le reggae. Ce métissage musical plaît non seulement aux jeunes Brésiliens mais aussi à la critique internationale (USA et Europe).

Arrocha est un album nerveux, inspiré par Sao Paulo, les cadences de la ville et son rythme effréné. Nourri de beats hip-hop, avec de grosses basses (Treme Tierra, Afoxoque) et d’une électronique régulière (Blimblim), ce CD a été enregistré à la maison, sans  aucune pression et Curumin se lâche et laisse naitre ses idées dans le plaisir.

Avec un bruit de fond ressuscitant les vieux 33 tours, il ajoute à la sauce un peu de reggae (Vestido de Prata, Doce), de douces mélodies (Pra Nunca Mais, Paris Vila Matilde) et du funk calibré (Selvage).

Un vrai remède à la morosité hivernale.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Maria BETHÂNIA « Oasis de Bethânia »

Sarapui, 2011

MUSIQUE DU MONDE BRESIL

MH2327 (Disponible au Discobus 4)

Maria Bethânia est une emblême au Brésil, voyageant entre tropicalisme et chanson populaire romantique. Soeur de Gaetano Velloso, elle a sorti un nombre impressionnant d’albums, quasiment un par an depuis le début de sa carrière musicale.

Oasis est un album de repos et de tranquilité, acoustique, empreint de douce cadence et de ballades délicates.

Alors qu’elle pouvait impressionner par sa force vocale, Maria Bethânia reste ici dans la retenue et l’intime. Sa voix nuancée et tendre interprète avec maturité les textes de nombreux compositeurs comme Chico Buarque, Djavan ou son neveu Jota Velloso. Des textes qui abordent la séparation amoureuse, le travail, la vie, le bonheur, la tristesse aussi

Lenine y vient même jouer un peu de guitare.

Vive est suave, presque sucré. Salmo ou Casablanca sont teintés de jazz. Ma préférence va pourtant vers Lagrima,délicat et mélodieux.

Calmaria/Não sei quantas almas tenho et surtout Carta de amor oscillent entre le chant et l’interprétation parlée de texte. Ce dernier morceau, assez difficile et long de plus de sept minutes, évoque sa ville de Bahia et reste le plus personnel de tout l’album.

À soixante-sept ans et plus rien à prouver, Maria Bethânia demeure, avec cet album intimiste, une interprète profonde et intemporelle. DM

(Disponibilité de ce CD)

 

Lucas SANTTANA « Sem Nostalgia »

Mais Um Discos, 2011

MUSIQUE DU MONDE  BRESIL

MI1100 (Disponible au Discobus 4)
Le paysage musical brésilien a changé. La samba ou la bossa nova, ce sont des « trucs pour les vieux ou les touristes ».
Les sons électroniques et l’ordinateur ont opéré un changement en profondeur. Autorisant chaque Brésilien, fils de riche ou jeune des favelas, à créer, à modifier et à se réapproprier la musique :
– C’est le Mangue Beat. Musique métisse née du couple de percussions africaines et de l’électronique avec des guitares saturées. Vif, intense, imaginatif.
– C’est le Baile Funk. Musique des ghettos, musique de remixes, de transformation du funk de Floride. Brulant, violent, charnel.
– C’est la Tecno Brega. Pilleuse, ringarde, romantique.

– Et puis, c’est aussi Lucas Santtana. Atmosphérique, étrange parfois !

Il nous montre qu’il est possible d’utiliser sa voix et sa guitare acoustique pour élargir le champ des styles brésiliens.
À l’exception des sons d’insectes, échantillonnés et intégrés, Lucas Santtana a utilisé uniquement des guitares acoustiques et des voix. Bien sûr, il a utilisé des filtres, des micros et des techniques différentes pour créer une athmosphère particulière.
Dès “Super violão mashup”, qui ouvre l’album, on est plongé dans un instrumental nerveux, sec, avec des bruits de vieux 33T poussièreux, presque crasseux. D’autres instrumentaux colorent cet album original, comme l’électrique et citadin “Recado para io Lobato”.
Who can say which way” chanté en anglais est enthousiaste, d’une combinaison de sons  subtile et entrainante.  “Night-time in the backyard” et “Ripple of the water” mettent l’accent sur la voix. Si ce n’était l’arrangement, on aurait l’impression que Santtana est dans le pré nous sussurant une ballade intimiste.
Cira, Regina e Nana” et “Amor em Jacuma” sont plus brésiliens : en portugais et avec une cadence plus bossa, tandis que “I Can’t Live Far From My Music” est davantage rock avec une doublage de la voix intéressant.

Sûr qu’en Live acoustique, Sattana aura des difficultés à reproduire toute cette atmosphère.  DM

"Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?"

(Disponibilité de ce CD)

Blick BASSY « Hongo Calling »

World Connection, 2011

MUSIQUE DU MONDE CAMEROUN

MK5563 (Disponible au Discobus 4)

Ce serait bien un petit trip !

« Hongo Calling » est un album basé autour du ‘Hongo‘, le rythme traditionnel de la tribu Bassa au Cameroun. Le hongo fait partie intégrante de la vie des gens, que ce soit pour les événements heureux ou tristes. Il est même facteur de guérison.

Blick Bassy a voulu suivre la trace du hongo, qui est présent dans divers pays d’Afrique (Bénin, Sénégal, Cap-Vert) et même le Brésil. Cette trace, c’est aussi celle de l’esclavage.

Alors Blick Bassy entre dans la peau de l’esclave, le temps de quelques chansons…

Il chante en Bassa, une langue à tons, riche en expressions imagées. Sa voix est douce, légère et apaisante.

« Liké » sonne très ‘Brésil’ ; « Ndjéck » et « Fala Portugués » offrent un duo habile avec le Brésilien Lenine ; «  Je te ya mo » est multilingue avec un refrain accrocheur ; « Sabada » se balance au son de l’accordéon et « Lullaby Mangond » clôt l’album sur un doux a-capella.

Avec une production impeccable, « Hongo Calling » est un vrai road-movie musical plein de finesse, d’âme et d’humanité. On se balance doucement, on ressent la paix, l’amour, on est bien ! DM

(Disponibilité de ce CD)

EUROPALIA BRESIL AU DISCOBUS 4 : VILLA-LOBOS

CLASSIQUE

La médiathèque profite d’ Europalia Brésil pour montrer au travers de ses collections, la profusion et la diversité culturelle de ce grand pays issues d’un métissage particulièrement fécond.

La musique brésilienne extrêmement vivante connaît depuis longtemps un grand rayonnement à travers le monde et a influencé nombre d’artistes de chez nous et d’ailleurs. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à la lecture de notre nouveau magazine « Détours » ainsi que la « sélec », disponibles dans nos médiathèques.

Comme les autres services, le discobus propose un choix de médias qui vous permettra de faire de belles découvertes au-delà des grands standards de la chanson brésilienne et des rythmes très caractéristiques de la samba ou de la bossa nova.

Dans le domaine de la musique dite « classique», je vous invite à découvrir ou approfondir l’œuvre d’un compositeur qui a particulièrement marqué la vie musicale de son pays. Il s’agit bien sûr de Villa-Lobos.

Né à Rio de Janeiro en 1887 et mort dans la même ville en 1959, Villa-Lobos fut un compositeur extrêmement prolifique.

Très jeune, il parcourt cet immense pays qu’est le Brésil, passionné par la collecte de musiques traditionnelles notamment dans le Nord-este et l’Amazonie.

Ensuite, il étudie la musique à l’institut national de musique de Rio de Janeiro mais reste rétif aux normes académiques. Il complétera sa formation à Paris lors d’un long séjour (entre 1923 et 1930), qui laissera des traces dans sa musique.(influences de Debussy et Ravel dans certaines œuvres de piano notamment).

De retour au pays, il sera aussi très actif au niveau politique et pédagogique en réorganisant l’enseignement musical .Il participe à la fondation de l’académie de musique brésilienne.

Compositeur, chef d’orchestre et pédagogue, Villa-Lobos est incontestablement une personnalité unique dans l’histoire musicale de son pays.

Profitons de cette période privilégiée pour découvrir une extraordinaire musique écrite dans un langage classique non dépourvu de modernité et nourri par la vie, les musiques de son pays que Villa-Lobos aimait profondément.

Commençons peut-être par quelques Bachianas-brasileiras qui associe son admiration pour Jean-Sébastien Bach et son amour de la musique brésilienne. La cinquième, la plus célèbre est écrite pour voix et huit violoncelles. La chanteuse Joan Baez l’a reprise en partie sur un de ses disques dans les années 60.

Son œuvre pour piano mérite aussi le détour. Je vous propose d’en visiter l’intégrale en quatre CD séparés de l’excellente pianiste brésilienne Deborah Halasz. En 1915, le célèbre pianiste Arthur Rubinstein découvrant la musique de Villa-Lobos était devenu un de ses ardents défenseurs.

Je vous propose aussi quelques choros dont le nom provient de la musique populaire brésilienne (choro signifie pleur en portugais). Certains d’entre eux expriment pourtant une franche gaieté.

Et d’autres œuvres suivront.

Bonnes découvertes. PD

Œuvres de Villa-Lobos au Discobus 4

« DÉTOURS »

(Disponible au Discobus 4 et en ligne)

Tout frais, tout beau, tout chaud… le nouveau magazine de La Médiathèque est arrivé dans notre bus ce mardi 4 octobre 2011.

« Détours » est un bimestriel axé sur la découverte et la compréhension de la musique et de l’audiovisuel. Il comprent un mini-dossier, des critiques de disques, de films, de jeux, une revue du web, une rubrique « En famille » et « Archipel ».

Ce premier numéro est axé sur le Brésil, mis à l’honneur cette année avec l’Europalia Brésil du 4 octobre 2011 au 15 janvier 2012.

Ce qui m’a séduit directement dans ce magazine, c’est son format pratique et son contenu aéré, documenté, attractif, richement illustré, coloré et bien mis en page.

Tout commence par une peinture de Joanna Lorho inspiré du film ‘Orfeu Negro’ qui donne le ton du numéro : le Brésil qui chante, qui danse, qui vit. Pour suivre, un excellent mini-dossier d’Isabelle Delaby consacré aux nouvelles musiques brésiliennes, qui ouvre nos oreilles à d’autres musiques que la bossa ou la samba et nous donne envie d’en connaître encore plus.

Les critiques de CD ou de films donnent envie d’en emprunter et sont agréables à lire : brèves, documentées et personnelles, elles passent du rock au jazz ou au classique, des nouveautés aux redécouvertes… un régal.

À la fin du magazine, on peut trouver un agenda commenté des activités de la médiathèque (savez-vous ce qu’est le Soundpainting ?)

Une belle vitrine de la Médiathèque et de la Culture, qui vaut le … détour et à la portée de tous. DM

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Vous aussi, participez à Détours !
Envoyez à detours@lamediatheque.be quelques lignes argumentées sur un film, un disque, un jeu que vous avez apprécié.

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Ana COSTA « Novos Alvos »

Discmedi, 2010

MUSIQUE DU MONDE Brésil

MH4143 (Disponible au Discobus 4)

D’entrée, avec « Samba Cria Lei », Ana Costa nous emmène dans une samba percutante et frénétique – impossible de rester en place.

Pour ce deuxième album, Ana Costa veut pourtant s’éloigner de la Samba et se donner de nouveaux objectifs (Novos Alvos). Et il est vrai qu’elle y chante de belles chansons ensoleillées, positives, le plus souvent tendres (« Cronica de uma cidade armada » et «Coisas Simples» en duo avec Martinho Davila), certaines autres bien cadencées (« Batendo Perna » et le festif et souriant « Caderneta – A Minha Nega »). Et on repart finalement avec une belle samba dont le rythme s’intensifie grâce aux percussions bien amenées.

Sa voix est chaude, la production est excellente. Il fait beau dans cet album aussi, ne boudons pas notre plaisir ! DM

(Disponibilité de ce CD)