Ramzi ABUREDWAN « Reflections of Palestine »

Riverboat Record , 2012

MUSIQUE DU MONDE PALESTINE

MY5595 (Disponible au Discobus 4)

Les enfants qui jettent des pierres contre les chars israéliens pensent que c’est ça, la réalité, qu’il n’y a rien d’autre que la résistance, la pauvreté et la violence. Ramzi aussi a lancé des cailloux durant l’Intifada, alors qu’il vivait dans le camp de réfugiés d’Al Mari à Ramallah. Mais à seize ans, il a pu participer à un atelier de musique, une expérience qui a changé sa vie.

Il étudie la musique au Conservatoire National à Ramallah, puis apprend à jouer de l’alto au Conservatoire d’Angers, où il obtient son diplôme en alto et en musique de chambre.

Il crée l’Ensemble Dal’Ouna en 2000 puis se lance dans de nombreux projets dont l’association Al Kamandjâti, qui a pour but « l’éducation et la scolarisation des enfants palestiniens en leur facilitant l’accès à la musique. »

Dans Reflections Of Palestine, il nous délivre son histoire et son coeur à travers dix instrumentaux, dix étapes de sa vie, interprétés principalement au bouzouk (entre le bouzouki grec et le saz turc) et accompagnés par l’accordéon, la clarinette et les percussions.

Rahil (Exil) lui permet d’évoquer son grand-père forcé de quitter sa maison pour entrer dans le camp où lui-même a vécu. D’abord lent et mélancolique, le morceau s’accélère en une danse optimiste, expression d’un panel d’émotions et de souvenirs ressentis par le musicien.

Si Raja, magnifique titre joué en partie à la clarinette, est très nostalgique, Tahrir (Libération) est plus enjoué et dansant : une peinture de l’innocence et de la curiosité enfantine face à la musique, comme sa jeune cousine du même nom qui s’est mise à jouer du violon. Sur le même ton optimiste, Bordeaux, Andalus et Gitans en Orient nous apportent des rythmes bien ciselés et des riches couleurs mélodiques.

Reflections Of Palestine pourrait n’être qu’une simple collection de musiques assez agréables. Puisse-t-il devenir aussi un moment de réflexion sur l’expression positive d’un peuple opprimé tourné vers la reconstruction de sa civilisation. DM

(Disponibilité de ce CD)

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ALTAN « The Poison Glen »

Compass Records, 2012

MUSIQUE DU MONDE    IRLANDE

MR0484 (Disponible au Discobus 4)

Disons-le de suite, Altan ressemble à beaucoup d’autres groupes traditionnels irlandais : alternance des chansons et des airs de danse, utilisation subtile des instruments traditionnels (violons, flûtes, guitares, accordéon, bouzouki et bodhran) et thèmes portant sur les histoires d’amour ou l’attachement au pays.

Mais ce n’est pas parce que les bons vins ont des similarités qu’ils sont tous les mêmes. Altan a un gout d’Irlande du Nord-Ouest où les hommes se sont installés il y a neuf mille ans, une saveur gaélique baignée de l’air maritime de l’Atlantique et des versants du Mont Errigal.

Ce n’est qu’après six ans d’âge que l’Altan nouveau est arrivé, riche en jigs, reels, highlands, capiteux si l’on y danse, l’on y danse (The Ardara Girls/The Backdoor Highlands… s’accélère jusqu’à l’ivresse)

Les cinq chansons nous semblent plus proches et directes grâce à une production privilégiant la voix de la chanteuse Mairéad Ni Mhaonaigh. Chacune raconte une histoire d’amour.

Seolta Geala, écrite par le père de la chanteuse, est une belle mélodie, accompagnée avec subtilité par le reste du groupe, appelant à prendre la haute mer à bord d’un voilier, en laissant les malheurs de la terre ferme derrière soi. Du moelleux, donc !

Plus acide, The Lily Of The West fait tourner la tête au pauvre malheureux éperdu d’amour, trompé par sa douce amie et qui se venge sur le nouveau prétendant. « Comme j’étais fou de désespoir, mon poignard a percé sa poitrine. J’ai été trahi par Marie, la fleur de lys de l’Ouest ». Beaucoup d’amertume !

Cailin Deas Cruite na mBo sent la chanson d’amour très ancienne. Le poète tombe amoureux d’une jolie fille qui trait sa vache noire et décrit comment sa vie serait sans cette beauté. Du fin, du profond, du suave !

Un album qu’on peut laisser un peu décanter et ensuite déguster comme un bon vin.

Même si on boit de la bière en Irlande ! DM

(Disponibilité de ce CD)

HAVELANGE « Les habits du dimanche »

Bémol Productions, 2011

MUSIQUE DU MONDE BELGIQUE

MN4644 (Disponible au Discobus 4)

Havelange n’est pas seulement le beau village que nous traversons avec le discobus 4. C’est un trio instrumental composé de Marinette Bonnert à l’accordéon diatonique, de Gabriel Lenoir au violon et de Julien Biget au bouzouki. Trois excellents musiciens qui ont effectué un travail de musicologues pour collecter les manuscrits wallons anciens et leur donner une nouvelle vie, pleine de fraîcheur, tout en les jouant avec justesse et entrain. Ils ont choisi ce nom « en souvenir du danseur Marcel Havelange de Hey, qui aimait aller faire la fête dans tous les villages environnants, et même montrer aux autres danseurs que les pas de son village étaient les plus beaux »

La musique traditionnelle wallonne est encore trop peu connue. On peut l’entendre quelquefois dans les bals folk, lors des rares festivals de musique traditionnelle ou dans les stages de danse folklorique. Et si on peut encore trouver des 33 tours qui mettent en musique notre Wallonie dans les années 70, il devient difficile de trouver un bon CD de musique traditionnelle à danser de nos jours.

Dès la première « maclote » (danse ardennaise), le bouzouki imprime le rythme. Le violon, rejoint par l’accordéon diatonique, nous invite à sautiller. La prédominance du violon s’inscrit bien dans la tradition wallonne : l’accordéon n’apparut que bien plus tard.

Une autre maclotte jouée en mode mineur, nous fait danser sur une douce mélodie un peu mélancolique (« Vieille matelote »).

On reconnaîtra dans la « Contredanse N°54 », un air traditionnel qui évoque le générique de l’émission Télétourisme. Et si celle qui la suit est moins connue, elle n’en est que davantage dansante, endiablée et enthousiasmante.

Après avoir entraîné votre ami(e) dans la « Polka », tirée du manuscrit de J.G. Houssa, vous devrez éponger votre front, tant le rythme est soutenu. Et si vous vous reposez lors des « Menuets » ou de la mélodieuse « Valse », ce ne sera que pour mieux rebondir dans l’ « Anglaise & sa suite « , un morceau qui se chante autant qu’il se danse.

Un album intemporel, raffiné, aussi dynamique qu’entraînant. DM

(Disponibilité de ce CD)

Le Rebétiko

Qu’est-ce que le «  Rebétiko » ?

Le rebétiko est un genre qui rassemble plusieurs styles musicaux.

Les artistes ont une manière de chanter assez orientale et s’accompagnent d’instruments comme le bouzouki, le violon, …  Ils chantent la mort, la drogue, l’amour, les problèmes de la vie, le déracinement.

C’est un peu le Blues ou le Fado des Grecs.

Dit-on « rebétiko » ou « rebétika » ?

Rebétiko est le singulier.  Un rebétiko, des rebétika.

On écrit aussi ‘rembetiko »  car en grec moderne, le « B » s’écrit  « mp »

Quelle est son histoire ?

En 1922, la Turquie a chassé les Grecs de la côte orientale. Plus d’un million et demi de réfugiés furent contraints de retourner en Grèce.

La Grèce, qui comptait 7 millions d’habitants, n’était pas prête à les recevoir. Ils se sont donc logés dans les quartiers pauvres d’Athènes, du Pirée, de Thessalonique, … Lire la suite