Hommage à DOC WATSON

.MUSIQUE DU MONDE   USA

Avec Woody Guthrie, Pete Seeger et Bob Dylan, Doc Watson est une figure emblématique de la musique folk des USA.

Né en 1923 dans les montagnes des Appalaches aux États-Unis, Arthel Lane Watson perd la vue alors qu’il n’a que quelques mois. Il montre rapidement son intérêt et ses dons pour le chant et la guitare et, à dix-huit ans, il est déjà un pro de la guitare. Lors d’un enregistrement en public, un des spectateurs le surnomme « Doc », se référant probablement au Dr Watson (acolyte de Sherlock Holmes). Ce surnom lui est resté.

Dans les années soixante, il se consacre uniquement à la guitare acoustique et au banjo.

Il joue dans le style bluegrass, une musique country rythmée jouée au banjo, à la guitare acoustique, à la mandoline, à la contrebasse et au violon. Doc Watson joue avec un médiator (onglet) dans une technique (flat-picking) requérant beaucoup de travail et d’agilité des doigts et de la main. Sur sa musique, il y pose une voix chaude et grave, pleine d’humanité.

Il sort quelques disques qui font vite sa renommée (comme l’album Doc Watson en 1964) et associe son fils Merle à ses productions. Ils jouent en duo, puis, dans les années septante, en trio avec T. Michael Coleman à la basse. À trois, ils enregistrent plus de quinze albums, jusqu’au décès de Merle, en 1985, dans un accident de tracteur.

La popularité de Doc Watson ne faiblit jamais et il reçoit beaucoup de distinctions et de Grammy Awards tout au long de sa carrière musicale.

Il est mort ce 29 mai 2012, à 89 ans, des suites d’une opération au colon.

Nous lui rendons hommage au discobus 4 avec plusieurs CD, en solo ou avec son fils. DM

(Discographie de Doc Watson)

THE INFAMOUS STRINGDUSTERS « Silver Sky »

Sugar Hill Records, 2010

MUSIQUE DU MONDE    USA BLUEGRASS

MB61.. (Prochainement au Discobus 4)

Il n’y a apparemment pas de lien entre le bluegrass et le hip hop. Pourtant Silver Sky a été produit grâce à l’aide de Billy Hume (David Banner, Nas). Certainement la raison qui lui donne un ton si énergique et si entraînant.

Plus encore que sur leur excellent album studio précédent Things That Fly, les musiciens virtuoses donnent de la pèche à des ballades où les instruments se répondent, s’entremêlent, s’adonnent à des solos successifs, seulement interrompus par des voix qui se combinent en accords parfaits.

The Hitchiker et Like I Do ont un schéma assez identique : après le thème chanté (couplet, refrain), un pont vient casser le rythme : un solo de dobro qui démarre sur le rythme obsédant du violon. Enfin, le thème nous revient dans la dernière minute.

La musique suggère la randonnée à cheval (Don’t Mean Nothin’), qui passe au galop (When the Night Comes Around), s’envole comme des Rockets vers la lune (une reprise bluegrass-reggae de Walking On The Moon de Police – originale mais dispensable).

Un instrumental vient nous aider à reprendre notre souffle au milieu de cet opus. On aurait plutôt aimé une ballade douce …

dobro

Un bluegrass de mecs, rythmé et  nerveux.  DM

(Disponibilité de ce CD)

Sarah JAROSZ « Follow Me Down »

Sugar Hill, 2011

MUSIQUE DU MONDE ETATS-UNIS BLUEGRASS

MB6383 (Disponible au Discobus 4)

La valeur n’attend pas le nombre des années. En effet, Sarah Jarosz a commencé la mandoline à dix ans, jouait déjà sur scène à quatorze ans et tapait le boeuf avec des musiciens comme Ricky Skaggs.

À maintenant vingt ans, cette Texane écrit et compose des ballades douces, dans un bluegrass très mélodieux et acoustique, avec les incontournables intruments appropriés à ce style musical : guitare, banjo, violon, mandoline, dobro, basse et batterie.

« Follow Me Down » est son deuxième album et se veut plus proche de ses racines musicales que le précédent.

« Run Away » est assurément le morceau phare de ce CD. Une ballade douce et romantique, une chanson pour adolescent en mal de Twilight : « J’ai enterré mon coeur dans un saule, tu es venu et tu me l’as rendu ». Un hit, qu’Alison Krauss n’a pas hésité à reprendre en duo avec elle, ultérieurement (voir clip). D’ailleurs, son bassiste est le frère d’Alison et les deux chanteuses ont le même producteur.

« My Muse » est un excellent chant d’amour, mélodieux, qui invite à la quiétude et au rêve.

« Ring Them Bells » est une reprise délicate de Bob Dylan et « The Tourist » est un bon remaniement bluegrass de Radiohead.

Les autres titres se déclinent entre ballades calmes et morceaux un peu plus énergiques, ainsi que deux instrumentaux « Old Smitty », enjoué et plein de fraîcheur, et « Peace » qui clôt l’album en douceur.

Un album de valeur, pas toujours très original, mais plaisant. DM

(Disponibilité de ce CD)

Alison KRAUSS & UNION STATION « Paper Airplane »

Rounder, 2011

MUSIQUE DU MONDE ….USA

MB7482 (Disponible au Discobus 4)

Alison Krauss s’était fait connaître bien plus pour son album avec Robert Plant ou sa musique de « Buffy contre les vampires » que pour ses productions personnelles avec son groupe, Union Station. Et c’est dommage !

On peut s’en rendre compte directement dès la première chanson « Paper Airplane »: sa voix est fragile, angélique et émouvante.

Dans cet album délicat, elle enchaîne les ballades mélodieuses (« Lie Awake », « Lay My Burden Down » ou l’excellente reprise de Richard Thompson « Dimming Of The Day »).

L’accompagnement est propre, les instruments astucieusement agencés par des musiciens vraiment talentueux (un banjo omniprésent mais modeste, des solos de guitare ou de violon courts et pertinents).

À trois reprises, elle s’efface pour laisser son groupe chanter, comme sur « On the Outside Looking In », une belle ballade bluegrass qu’on aimerait interpréter avec eux.

Cet album de country contemporaine, mélange de pop et de bluegrass est un vrai bijou. DM

(Disponibilité de ce CD)

"The Rough Guide to the music of JAPAN"

World Music Network, 2008

MUSIQUE DU MONDE

MX4071 (Disponible au Discobus 4)

La série « The Rough Guide » permet toujours une présentation intéressante d’un pays ou d’un style musical du monde.

Cette compilation-ci présente des interprètes japonais récents et des styles pour le moins variés : dub , musique traditionnelle, dance, pop soft, variété, bluegrass, musique classique japonaise, boogie de 1948, chants bouddhistes, …

Personnellement, j’ai apprécié la musique et la voix de Nami Makioka (voir son CD à la médiathèque : MX5530), pop douce et voix agréable.

A épingler aussi :

– plage 10, Futatsu no Hensokyoku Sakura Sakura, superbe instrumental traditionnel joué au koto

– plage 13, Hara no Tatsukya, courte chanson chanté par les geishas dans les quartiers chauds

Un CD hétéroclite qui n’a pour but que de vous donner l’envie d’écouter ces interprètes du soleil levant ! DM

(Disponibilité de ce CD)