Baby You Can Drive My Car !

CINEMA    ROCK

Baby You Can Drive My CarInvention technologique majeure du XXe siècle, l’automobile marque de son empreinte indélébile l’histoire récente d’une civilisation ancrée sur ses principes de fonctionnement : vitesse, performance, désincarnation totale d’une humanité centrée sur sa productivité.

Un tel engin a profondément bouleversé l’environnement social, culturel, économique, écologique sans équivalent dans la petite histoire du genre humain.

La relation indéfectible à ce moyen de transport a mis au jour de nombreux syndromes comportementaux de nos contemporains. Objet de désir, de classification d’échelle sociale, elle a réalisé, en un siècle, une révolution inégalée à ce jour.

Le cinéma se devait de mettre en scène cette réalité. Les scenarii au fil des décennies vont exploiter, sous différents moyens, les immenses possibilités. Les styles vont littéralement exploser : road-movie, course-poursuite, fantastique, narration historique sportive, drame, burlesque.

Laurel et Hardy, Verneuil avec « Le Casse », McQueen dans « Le Mans », Montand « Grand Prix », Fernandel « Raphaël Le Tatoué » et la plus belle course-poursuite du 7ème art « Bullitt » sont des réalisations qui ont porté haut les couleurs, la fusion de l’acteur avec cette machine.

« Christine » de Carpenter apportera une vision fantastique. « Rush » et « Fast & Furious » créeront une nouvelle vision du héros, le cow-boy motorisé. « Mad Max » bousculera la dévotion absolue de l’homme dans l’auto et en dessinera une ébauche de l’apocalypse.

L’intérêt des artistes musicaux se tournera également vers cet objet. Illustration d’album, plage au titre évocateur, référence à cette forme d’addiction au culte de l’automobile envahiront leurs partitions. Les « tubes » décorés des Beach Boys, la Mercedes Benz de Janis, La Pink Cadillac, les rutilants 4×4 tunés des rappeurs,  se sont allégrement servis de l’image mécanique.

Une profusion de création sera mise en avant dans le cinéma et sera directement un vecteur de diffusion de masse. L’éclosion de nouveaux mouvements et de formes musicales sera toujours redevable de cette fusion. Steppenwolf, Heavy ou Hard rock, sera toujours associé à Easy Rider. AC DC, dans un récent Iron Man, sera redécouvert par une nouvelle génération. Taxi fera la fierté d’IAM.

Une petite sélection de films et d’albums est à disposition dans votre Point Culture Mobile1.

N’hésitez pas à proposer et à demander des références pour vos coups de cœur personnels.  YO

Bouli LANNERS : peintre, cinéaste, humain.

CINEMA

Si vous faites une recherche sur le net à propos de Bouli Lanners, vous trouverez facilement qu’il est acteur, réalisateur, scénariste et metteur en scène.

J’ai découvert Bouli Lanners d’abord par son film Eldorado, ensuite Les Géants et puis dernièrement par Ultranova, son premier long métrage. J’ai très vite été frappé par ses plans fixes, ses couleurs et son cadrage toujours très soigné et jamais anodin.

J’ai donc cherché à en savoir un peu plus sur ce personnage hors normes, et j’ai visionné le film de Benoit Mariage «On the road again, le cinéma de Bouli Lanners», retraçant tout le parcours cinématographique du réalisateur, mais où Bouli Lanners se dénude et nous raconte aussi tout son parcours de vie. Je n’ai pas été surpris de découvrir qu’il avait fait des études non pas de cinéma mais de peinture, car cela transparait très fort dans ses films : l’utilisation du cinémascope et du plan fixe sont là pour faire un parallèle entre un tableau, la vie et le cinéma.

Pourquoi la vie ? Parce que Bouli Lanners nous apprend que toutes les petites scènes tantôt dramatiques et tantôt drôles aussi, ont toutes été tirées de moments vécus par le réalisateur et sans doute par beaucoup de spectateurs. Voila pourquoi son cinéma nous touche.

J’ai eu aussi l’occasion d’entendre Bouli Lanners, dans l’émission radio de la Première «Le grand voyage », nous raconter son goût pour la nature et la marche à pied dans sa Belgique natale. Ceci aussi se retrouve dans ses films (Eldorado, Les Géants), où la nature est un personnage à part entière, synonyme d’espace et de liberté.

Troisième point commun dans ses films, c’est la voiture, importante elle aussi car synonyme d’évasion ou de fuite.

Dernière constante de ces trois longs métrages, ce sont les personnages toujours en détresse, à la limite de la rupture. Ayant fait mille petits boulots dans sa jeunesse, on sent un Bouli Lanners sensible et qui attache une affection profonde a quelques personnages qu’il a côtoyés, tels que Dimitri d’Ultranova ou Elie d’Eldorado. JCP

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Filmographie à la Médiathèque :

VU2982 « Ultranova » 2004

+ « Muno » (court métrage) 2001

VE0252 « Eldorado » 2008

VG0389 « Les Géants » 2011