ALDEBERT «Les meilleurs amis»

Note  A Béné, 2011

CHANSON FRANCAISE

NA3848 (Disponible au Discobus 4)

Huitième album pour Guillaume Aldebert en 10 ans ! Treize nouvelles chansons dans la lignée des précédentes. Une pop légère assez acoustique (deux guitares, une basse et des percussions), saupoudrée d’ambiance nostalgique (accordéon). J’ai du mal à croire qu’étant jeune, Aldebert a joué dans des groupes de hard rock (Power Slave et ensuite Killing Potatoes). Par contre, qu’il ait été bercé par Brassens dans sa jeunesse, c’est beaucoup plus flagrant : on voit qu’il jongle avec les mots, les images, l’ironie et les jeux de mots, comme ce grand Georges, ou même Allain Leprest.

Il aborde avec beaucoup de sensibilité les sujets humains comme l’enfance (Les coups de pieds à la lune), l’amour (Les petites amourettes, Trop belle pour moi, Inséparables, GPS, Raisonnables, A peu près tout, Les amis), qu’il soit léger, profond ou en crise.

Il nous parle aussi du temps qui passe (Le temps qu’il reste, Raisonnables, Ma vie à l’envers).

Ce que j’apprécie particulièrement chez Aldebert, c’est qu’il arrive à évoquer des sujets si importants et parfois graves avec tant de légèreté et de grâce, comme dans ce duo magnifique avec Simon Mimoun (du groupe Debout Sur Le Zinc) sur la plage 9 (Mon homonyme) et tant d’originalité, sur la plage 13 (Ma vie à l’envers).

Vous l’aurez compris, un album de très bon cru à découvrir et à déguster sans modération. JCP

(Disponibilité de ce CD)

 

 

Ramzi ABUREDWAN « Reflections of Palestine »

Riverboat Record , 2012

MUSIQUE DU MONDE PALESTINE

MY5595 (Disponible au Discobus 4)

Les enfants qui jettent des pierres contre les chars israéliens pensent que c’est ça, la réalité, qu’il n’y a rien d’autre que la résistance, la pauvreté et la violence. Ramzi aussi a lancé des cailloux durant l’Intifada, alors qu’il vivait dans le camp de réfugiés d’Al Mari à Ramallah. Mais à seize ans, il a pu participer à un atelier de musique, une expérience qui a changé sa vie.

Il étudie la musique au Conservatoire National à Ramallah, puis apprend à jouer de l’alto au Conservatoire d’Angers, où il obtient son diplôme en alto et en musique de chambre.

Il crée l’Ensemble Dal’Ouna en 2000 puis se lance dans de nombreux projets dont l’association Al Kamandjâti, qui a pour but « l’éducation et la scolarisation des enfants palestiniens en leur facilitant l’accès à la musique. »

Dans Reflections Of Palestine, il nous délivre son histoire et son coeur à travers dix instrumentaux, dix étapes de sa vie, interprétés principalement au bouzouk (entre le bouzouki grec et le saz turc) et accompagnés par l’accordéon, la clarinette et les percussions.

Rahil (Exil) lui permet d’évoquer son grand-père forcé de quitter sa maison pour entrer dans le camp où lui-même a vécu. D’abord lent et mélancolique, le morceau s’accélère en une danse optimiste, expression d’un panel d’émotions et de souvenirs ressentis par le musicien.

Si Raja, magnifique titre joué en partie à la clarinette, est très nostalgique, Tahrir (Libération) est plus enjoué et dansant : une peinture de l’innocence et de la curiosité enfantine face à la musique, comme sa jeune cousine du même nom qui s’est mise à jouer du violon. Sur le même ton optimiste, Bordeaux, Andalus et Gitans en Orient nous apportent des rythmes bien ciselés et des riches couleurs mélodiques.

Reflections Of Palestine pourrait n’être qu’une simple collection de musiques assez agréables. Puisse-t-il devenir aussi un moment de réflexion sur l’expression positive d’un peuple opprimé tourné vers la reconstruction de sa civilisation. DM

(Disponibilité de ce CD)

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CASTANHA E VINOVEL « Castanha é Vinovèl »

Castanha é Vinovel, 2009 

MUSIQUE DU MONDE FRANCE OCCITANIE

MP4710 (Disponible sur demande)

Le bonheur, c’est le plaisir sans remords (Socrate)

Dans le Biterrois, la région du Sud Ouest de la France autour de la ville de Béziers, on est connu pour son vin et son plaisir de vivre. Certainement est-ce pour cette raison que ces deux musiciens se sont appelés Castanha é Vinovèl (Châtaigne et Vin nouveau).

Jean-Brice Viétri (Castanha) joue de la vielle à roue tandis qu’Alain Beurrier (Vinovèl) joue de l’accordéon chromatique.

Leur album présente une série de danses toutes aussi gaies et plaisantes les unes que les autres. C’est la bonne humeur qui prime ici, la vie simple et authentique, où, après une journée de travail, on laisse les musiciens nous faire danser, tourner, sautiller, dans les bras d’une brave fille ou d’un chouette gars, et nous emmener boire un verre et manger à la bonne franquette.

Tous les airs à danser sont en occitan, cette langue qui chante si agréablement à nos oreilles. Scottish, mazurka, bourrée, polka, rondeau, branle, cercle circassien, farandole, tout est voué au bal. Et pour ceux qui ignorent les pas, ils se produisent avec Lucette qui initie le néophyte.

La musicalité de leur répertoire occitan se remarque dès les premières notes, on se prend à fredonner quelque chose qui ressemble à « lève la couette » dans Venetz joinetas  ou « la crème à la vanilha » dans La paura filha.
A l’ombreta ressemble à la chanson enfantine C’est Gugus avec son violon. Il nous manque juste les paroles pour les accompagner lors des veillées.

Populaires et d’une écoute facile, ces rengaines dansantes pourront animer vos bals folks, ou tout simplement vous égayer un bon moment. DM

(Disponibilité de ce CD)

LOS MITICOS DEL RITMO « Los Miticos Del Ritmo »

Soundway Records, 2012

MUSIQUE DU MONDE  ..COLOMBIE

MI5528 (Disponible au Discobus 4)

Paru d’abord en vinyle, Los Miticos Del Ritmo est le projet de Will « Quantic » Holland, DJ, producteur et musicien anglais, vivant en Colombie depuis 2007.

Toujours partant pour mélanger l’électronique aux sons latinos, il délaisse ses outils modernes pour revenir à de la pure cumbia, dosée, concentrée, reniflée et dansée (la Cumbia n’est pas la drogue du coin, mais la danse et le style musical colombiens).

Une production plus proche des origines, brute, enregistrée à la maison, dans le style des années soixante, en analogique et sur un 4 pistes : « L’idée était d’enregistrer quelque chose qui ressemblait à un album classique de cumbia, qu’on aurait retrouvé dans un sous-sol après des décennies dans l’humidité et la poussière. »

Pari réussi : onze instrumentaux où Will Holland joue de l’accordéon, accompagné par la clarinette (La Libanesa), la basse, le saxo et toute une volée de percussions endiablées (Fabiola).

Un hommage à la cumbia, frais, presque authentique, avec quelques surprises, dont Another One Bites The Dust de Queen ou Don’t Stop ’til You Get Enough de Michael Jackson.  DM

(Disponibilité de ce CD)

TREMBLING BELLS & BONNIE PRINCE BILLY « The Marble Downs »

Honest Jon’s Records, 2012

ROCK

XT786W (Disponible au Discobus 4)

Les cloches tremblantes de Glasgow s’enfoncent corps et âme dans le folk baroque en compagnie de Will Oldham, alias Bonnie Prince Billy, qui s’ennuie quand il n’a rien enregistré pendant trois mois. Le batteur, Alex Neilson, curiosité rare, est aussi le cerveau et principal compositeur. Il écrit des musiques traditionnelles d’aujourd’hui, qui ne se refusent aucun ornement (cuivres, accordéon, violons, riffs d’orgue…).

Accompagné d’un livret aux dessins érotico-surréalistes, le quatrième CD de la formation plonge dans la pop et le folk dans son plus simple appareil. Lavinia Blackwall, artiste aux multiples talents (orgue, piano, guitare, percussion), ressuscite l’esprit seventies dans ses heures de gloire. Sa voix tremblante et aux contorsions de registre a certainement influencé le nom du groupe. Les influences seventies se retrouvent tout au long de l’interprétation, mais évitent une caricature de l’époque. A écouter : My Husband’s Got No Courage In Him, superbe a cappella, et Riding, que ne renieraient pas les allumés de Matmatah. YO

(Disponibilité de ce CD)

GREAT LAKE SWIMMERS « New Wild Everywhere »

Nettwerk, 2012

ROCK FOLK / POP / INDIE / AMERICANA

XG744Z (Disponible au Discobus 4)

Les nageurs du grand lac canadien nagent sur le dos. Cool et sans forcer. Les mélodies accrocheuses sont présentes. Les cordes, banjo et accordéon sont utilisés à bon escient pour donner cette impression de légèreté et de facilité d’écoute.

On ne peut parler de coup d’éclat après le très bon Lost Channels. Le problème du dos crawlé en eau libre est le manque de visibilité, la nécessité de regarder en arrière pour vérifier l’endroit que l’on veut rejoindre, un manque d’assurance. Le sentiment général est de cet ordre : on nage, on nage et on tourne en rond. On explore le folk, le country américain plus FM que Bayou, une pop qui permet de flotter en évitant les vagues.

Un manque d’inspiration ou un côté dilettante, en tout cas, plus un album de feux de camp que de feux de la rampe. YO

(Disponibilité de ce CD)

BONGA « Hora Kota »

Lusafrica, 2011

MUSIQUE DU MONDE ….ANGOLA

MK3659 (Disponible au Discobus 4)

« C’est le blues d’Angola / Mineur et solitaire / Qui nous vient de Luanda / C’est un chant de poussière … »  (Bernard Lavilliers)

Bonga, exilé depuis longtemps, n’en est pas moins attaché à son pays, l’Angola. Dans ce trentième album, il y dénonce la colonisation, les inégalités, la corruption. Mais à presque septante ans, c’est pour lui l’heure des sages (Hora Kota), l’heure de ces vieux qui rappellent aux jeunes la tradition et les principes.

Par exemple, délaisser un peu la télévision et se rapprocher des traditions, se parler ensemble, ne pas vivre comme en Amérique ou en Europe et préserver son identité.

Bonga y croit, il chante tout cela depuis 1972.

Son chant est rauque, mélancolique, déchirant parfois. Et si, jadis, sa voix éraillée était la cause de son renvoi de la chorale, ici, elle porte un blues poignant et fin.

dikanza

La production y est excellente et les arrangements subtils : un accordéon, des percussions et des guitares acoustiques. Et aussi Bonga à la dikanza.

Outre la semba, le style musical cadencé d’Angola (DJ Marados, Kambua,Kapetas, Boto Boto,…), l’album contient quelques perles douces (Zona Bue), voire graves (Lelu, Angola).

Et en bonus, les duos avec Lavilliers et Agnès Jaoui.

Une sensibilité à fleur de voix. Bonga ! DM

(Disponibilité de ce CD)