Ana MOURA « Desfado »

Glitterhouse Records, 2012 

MUSIQUE DU MONDE   PORTUGAL

MU1853 (Disponible au PointCulture Mobile N°1)

Ana Moura Desfado PointCulture Mobile 1Jour 1 : l’ivresse du matin.

Je suis surpris par l’optimisme et l’entrain d’Ana. Moi qui croyais que les Portugaises étaient seulement nostalgiques. Se défait-elle du fado (Desfado) ? Je me prends à taper dans les mains, à danser dans son ombre. Et à peine je m’enivre de son rythme joyeux, c’est déjà fini…

Jour 2 : au soir.

Ana vient d’inviter Joni Mitchell. Larry Klein est là aussi, il nous raconte comment il a travaillé avec Madeleine Peyroux et Melody Gardot, et avec Joni bien sûr. Ana se met à reprendre A Case Of You. Elle ne commet aucune faute, elle n’a pas à rougir devant son ainée. Qui d’autre qu’elle peut reprendre une chanson de Joni ?

Jour 3 : en plein soleil (Até Ao Verão).

Ana me parle du printemps, de la vie, des difficultés. Avec lucidité mais avec tellement de sensibilité dans la voix. Elle est émue. Moi aussi.

Jour 5 : après la rupture (Thank You).

Je ne croyais pas Ana aussi blessée. Un cœur à fleur de peau, déchiré et trahi. Ses mots autant que la musique de sa voix et la mélodie de sa tristesse me poussent à lui tendre la main quand elle s’en va. La guitarra ose l’accompagner délicatement.

Jour 6 : carrousel de joie (E Tu Gostavas De Mim).

Nous nous sommes changé les idées. Ana m’a raconté tout ce qui lui passait par la tête : ses croyances, le cosmos et aussi qu’elle m’aimait. Je veux valser avec elle.

Jour 12 : dans les nuages (Com a Cabeça Nas Nuvens).

Après quelques journées avec des hauts et des bas, Ana est moins fado-tiguée. Elle a la tête dans les nuages et se donne corps et âme. La guitarra est folle de joie et d’enthousiasme.

Jour 13 : dans le rêve (A Dream of Fire).

« J’ai vraiment envie de t’embrasser, m’a-t-elle dit. » C’est un rêve pour sûr… J’y ai même entendu Herbie Hancock au clavier d’une romance plus pop. J’avais oublié qu’Ana avait même chanté les Rolling Stones.

Dernier Jour : en attendant la nuit (Despiu a Saudade).

« Mais soudain, comme le soleil après la pluie, vint la nuit transformé en aube », Ana a continué sa route après le dîner, avec élégance, et un peu de saudade. Je m’en suis sans doute ana-moura-ché ! DM

(Disponibilité de ce CD)

Rendez-vous du PointCulture mobile N°1 : Didier LALOY

didier laloy  pointculturemobile1Didier Laloy ne se repose-t-il donc jamais ? Ne lâche-t-il jamais son accordéon diatonique ?

De collaborations tous azimuts -toujours de haut niveau- en enregistrements et concerts qui s’enchaînent, il est d’une activité stupéfiante. Rares sont ceux, en Wallonie, qui n’ont pas eu la chance de pouvoir apprécier son jeu dynamique, riche et novateur. Didier Laloy explore tous les terrains, des musiques traditionnelles, du jazz, du rock, de la chanson, avec une même passion.

Le PointCulture mobile n°1 (Bus de la Médiathèque) est heureux de vous proposer une rencontre avec ce musicien extraordinaire. Nous découvrirons l’homme derrière l’instrument, il parlera de son parcours, de ses influences, de ses rencontres et, bien sûr, il jouera beaucoup.

Où ?             à HUY  Dans le PointCulture mobile N° 1 (discobus) : Avenue Godin-Parnajon (en face de la piscine)

Quand ?     Dimanche 16 juin 2013 à 11 h 00 (durée 1 h 15)

Entrée ?    Accès gratuit – Réservation souhaitée – lebus@lamediatheque.be
– Apéro offert

THE CREOLE CHOIR OF CUBA “Santiman”

Real World Records, 2012

MUSIQUE DU MONDE CUBA

ME4561 (Disponible au PointCulture mobile N° 1)

Creole Choir Of Cuba PointCulture mobile 1À travers tous les soubresauts de l’histoire cubaine, la tradition musicale s’est teintée des couleurs des peuples autochtones, des esclaves africains, des colons espagnols, français ou américains.

Et si la musique cubaine est davantage connue pour ses salsas et autres Buena Vista Social Club ou Los Van Van, elle l’est moins pour son chant choral. Les esclaves importés d’Haïti au XIXe siècle ont dû dissimuler leurs chants animistes pour entonner en chœur les chants ecclésiastiques. La tradition chorale s’est perpétuée au-delà de la revolucion.

Dans Santiman, les dix chanteurs de The Creole Choir Of Cuba choisissent d’interpréter en créole haïtien ou en espagnol quinze morceaux a capella avec seulement quelques percussions et parfois un piano. Emilia Diaz Chavez, leader du groupe, propose les thè-mes liés au travail, à la pauvreté, à la misère, à la résistance de ces travailleurs forcés.

Oscillant entre le chant pur, chargé d’émotion et les rythmes dansants (Camina Como Chencha) ou obsédants (Pale, Pale), l’album est produit avec brio sous le label Real World.

The Creole Choir of Cuba, c’est Cuba là où on ne l’attend pas. DM

(Disponibilité de ce CD)

NAWAL « Caresse de l’âme »

Jade, 2011

MUSIQUE DU MONDE COMORES

MK8175 (Disponible au Bus de Point Culture)

nawal_caresse_ame Bus_PointCultureCaresse de femme, caresse de l’âme : Nawal touche.

Charmeuse d’oreilles, elle fait s’élever les énergies bienfaisantes, d’une douceur palpable et raffinée. L’art amène à l’âme et cela soufi.

Elle suit sa voie et la voix suit. On la voit là : aux Comores, quelque part entre le Mozambique, la Tanzanie et Madagascar.

La guerre ou l’irrespect, Nawal l’honnit. Mais quand l’amour allie la paix, on sait Nawal qui rit.

Sobre, Nawal habille son chant du luth comorien, le gambusi – dix minutes de plongée vers son Origine. D’une mbira, son piano à pouces qui sublime Zim Spirit. De sa flûte qui Souffle de la Mer et d’un daf qui se fait tambour pour annoncer le dépôt des armes.

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Nawal et son gambusi

Caresse de l’âme est ouvert au mystique, quelle que soit la religion ou la philosophie. Nawal évoque le christianisme et la déesse mère (Mama Baraka), L’islam se frotte au judaïsme sur Shalom ‘Aleikoum, chanté avec moins de justesse pour plus de justice, avec son chœur de femmes provoquant les ‘aum’ venus d’Orient.

Et puis on s’immerge entre les chants et les instrumentaux. Quand on sort de ce massage musical, on ressent une paix et un bien-être à nul autre album pareil. Ce monde est beau, Nawal nous le donne. DM

(Disponibilité de ce CD)

Extrait de Tsioro

Aline FRAZÃO « Clave Bantu »

Coast Company, 2012

MUSIQUES DU MONDE   ..ANGOLA 

MK3673 (Disponible au Bus de la Médiathèque)

aline_frazao_clave_bantu bus mediathequeÀ la première écoute de Clave Bantu, on retrouve le monde de Mayra Andrade : un son impeccable, des rythmes évoquant la bossa brésilienne, des mélodies teintées de jazz, une voix chaude, … Mais loin du succès de cette dernière, Aline Frazão commence par un album intimiste, dans une production indépendante.

Elle a grandi dans la capitale angolaise, Luanda. Comme au Cap Vert, au Brésil, au Portugal, au Mozambique et en Guinée-Bissau, on y parle portugais. Et il y a un peu de tous ces pays dans son parcours musical influencé par son départ pour Lisbonne à dix-huit ans ou sa rencontre avec le musicien brésilien Lenine.

Les arrangements mesurés et le son ‘live’ qui caractérisent Clave Bantu nous permettent d’être plus proches de sa musique et de ses sentiments. Son timbre délicat, velouté et doux alterne avec des moments de puissance et de force vocale, toujours pour exprimer au mieux ses compositions jazzy et mélodieuses. Les textes d’Aline Frazão sont parfois un peu déroutants, elle y joue avec les mots, les analogies et les évocations. L’instrumentation y est sobre : une guitare, une contrebasse et une batterie. Un trombone s’invite sur Oriente, une chanson toute en finesse, d’une douce cadence qui parle de solitude et de la recherche de ses racines et de sa voie.

Na boca de Angola reflète davantage la spontanéité et le coté « live » de l’album (avec un beau solo de percussions).

Un premier album qui augure, on l’espère, d’autres albums tout aussi frais et passionnants. DM

(Disponibilité de ce CD)

THE TOURE-RAICHEL COLLECTIVE « The Tel Aviv Session »

Cumbancha, 2012

MUSIQUE DU MONDE  ..MALI .. ISRAËL

ML6950 (Disponible au Discobus 4)

toure_raichel_collective_tel_aviv_session discobus4C’est du mélange des cultures et des sensibilités, lorsque deux ou plusieurs personnes confrontent leurs vécus, leurs talents et leurs expériences que nait parfois la création originale ou l’inventivité.

Le guitariste malien ‘Vieux’ Farka Touré, 32 ans, fils du célèbre Ali Farka Touré, a pu se démarquer du blues africain de son père pour faire entendre l’héritage musical de son pays dans plusieurs courants musicaux modernes, comme le rock ou le reggae. Pour preuve aussi, cet album d’improvisations avec Idan Raichel, claviériste israélien mais également compositeur, arrangeur de talent et star d’une pop électro en Israël.

Pour la petite histoire, ils se sont rencontrés dans un aéroport en 2008 alors qu’ils étaient en tournée. Une complicité artistique est née dès ce moment et en 2010, dans le petit studio d’un ami à Tel Aviv, ils ont improvisé pendant trois heures en y mettant leur talent et leur spontanéité. Rejoints par d’autres musiciens israéliens et maliens. Ils ont pu ainsi créer quelques morceaux qui constituent The Tel Aviv Session.

On perçoit la chaleur et la sincérité de leur jeu dès le premier morceau (Azawade). Vieux Farka Touré fait glisser ses doigts sur la guitare avec vélocité tandis qu’Idan Rachel donne le ton, n’émergeant qu’après quelques minutes dans une improvisation proche d’un jazz du label ECM. Les phrasés musicaux se répondent et dialoguent dans une écoute mutuelle respectueuse et enrichissante. Toute cette jam session apporte son lot d’inventions, de musiques hypnotiques mais aussi de surprises.

Experience part d’un thème esquissé au piano, sur lequel vient se greffer l’interprétation fluide et magistrale de Vieux Farka Touré, rythmée par les incessantes palpitations de la calebasse. Plus de six minutes d’enivrement…

Touré crée la surprise par l’introduction de l’harmonica, assez blues, surtout dès la troisième minute, avec un solo époustouflant.

Ane Naahatka est la seule « vraie » chanson de l’album. La seule touche féminine aussi.

Enfin, Alem, pure merveille, clôt l’album à l’image de celui-ci : inventif et inspiré

DM

(Disponibilité de ce CD)

Cathy JORDAN « All The Way Home »

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Blix Street, 2012

MUSIQUE DU MONDE  IRLANDE

MR4935 (Disponible au Discobus 4)

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Beaucoup de groupes irlandais rivalisent de talent, d’énergie ou de sensibilité. Parmi ceux-ci, le groupe Dervish est très représentatif de la musique irlandaise traditionnelle, un ensemble de cinq musiciens talentueux, engagés, qui connaissent rapidement le succès depuis les années 90 et enthousiasment leur public, en grande partie grâce à leur chanteuse Cathy Jordan. En 2007, ils participent au concours Eurovision de la chanson, où ils se placent, hélas, … en dernière position. Ce qui peut signifier aussi un gage de qualité !

Pour son premier album solo, Cathy a préféré une instrumentation discrète pour mettre en avant sa belle voix, mesurée et feutrée, comme dans le poème In Curraghroe, mis en musique avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse.  Elle chante ses racines et son pays avec une voix qui dispense une confiance tranquille et naturelle, avec peu d’ornements vocaux mais avec justesse et maturité.

À côté des langoureux The Lark In The Clear Air et The Banks of the Foyle, on retiendra le traditionnel The Hold Fenian Men, mélodieux et aérien. Ou Ould Ballymore, une ballade allègre qui raconte l’histoire d’un homme qui pense avoir rencontré la fille de ses rêves mais qui s’avère mariée et mère de six enfants…

Deux instrumentaux permettent la respiration parmi les traditionnels et les compositions, dans un album teinté de quiétude. Excellent pour une soirée hivernale à la maison, près de l’âtre.  DM

(Disponibilité de ce CD)